GBP/USD a reculé pour une troisième séance consécutive lors de la session asiatique de vendredi, repassant sous 1,3200 à son plus bas niveau depuis avril. La paire s’achemine vers de lourdes pertes hebdomadaires, la dynamique restant orientée à la baisse après un sommet hebdomadaire proche de 1,3460.
La livre est restée sous pression, la prime de risque politique domestique perdurant après l’élection, vendredi, du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, à un siège parlementaire dans le nord de l’Angleterre, ouvrant une voie pour contester le Premier ministre Keir Starmer. Les anticipations de taux ont également évolué : les marchés ont réduit les paris sur des hausses plus agressives de la Banque d’Angleterre après une inflation plus faible en début de semaine, tandis que l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a atténué les craintes de choc énergétique et conforté l’idée que la BoE maintiendra ses taux inchangés. Le dollar s’est maintenu près de son plus haut niveau depuis fin mars, la Réserve fédérale conservant un biais plus restrictif et signalant la possibilité d’au moins une hausse de taux d’ici la fin de l’année.
L’incertitude géopolitique a aussi soutenu le billet vert après l’annulation par le vice-président américain JD Vance d’un déplacement prévu en Suisse pour des discussions avec l’Iran, au motif que la réunion n’était pas encore finalisée. Les frappes aériennes israéliennes au Liban ont également ravivé les doutes sur l’accord américano-iranien, tandis que l’attention se tourne vers les ventes au détail mensuelles au Royaume-Uni, prochain catalyseur.
Instabilité politique et divergence de politique monétaire : la livre sous pression
Au vu de la faiblesse persistante du GBP/USD, nous estimons que la résistance la plus faible demeure à la baisse dans les semaines à venir. Les turbulences politiques au Royaume-Uni constituent un facteur majeur, les derniers sondages YouGov montrant que la cote d’approbation du Premier ministre Starmer est tombée à un nouveau plus bas de 28% dans un contexte de contestation du leadership. Cette instabilité complique l’élaboration d’un scénario haussier de long terme pour la livre sterling.
La divergence des politiques des banques centrales devient plus marquée et plaide pour une livre plus faible. Les dernières données de l’ONS indiquant une inflation britannique en repli à 2,1%, la Banque d’Angleterre devrait rester en statu quo, tandis que l’outil CME FedWatch affiche désormais une probabilité supérieure à 70% d’une hausse de taux de la Fed d’ici septembre. Cet écart de taux devrait continuer d’attirer les flux de capitaux vers le dollar américain.
Stratégies baissières et risque géopolitique : un contexte favorable au dollar
Pour les opérateurs de dérivés, cet environnement suggère que l’achat d’options de vente (puts) sur GBP/USD pourrait constituer une stratégie prudente afin de tirer parti d’une poursuite du repli. Le marché des options reflète déjà ce sentiment, les « risk reversals » à un mois indiquant un biais fort — et croissant — en faveur des puts par rapport aux calls. Tout rebond de court terme vers la zone des 1,3250 doit être perçu comme une opportunité d’initier de nouvelles positions baissières.
Les tensions géopolitiques renforcent en outre l’attrait du dollar en tant que valeur refuge, ajoutant une couche supplémentaire de pression sur la paire. L’indice de volatilité CBOE (VIX) a progressé de plus de 15% cette semaine pour évoluer au-dessus de 19, traduisant une montée de l’anxiété des marchés autour de l’accord États-Unis–Iran et de l’action militaire israélienne. Tant que cette incertitude perdure, le dollar devrait rester solidement soutenu.
Nous surveillons désormais une cassure nette sous 1,3150, susceptible d’ouvrir la voie à un test du support psychologique clé à 1,3000. Les prochaines statistiques de ventes au détail au Royaume-Uni seront le prochain catalyseur majeur pour la paire. Un chiffre faible conforterait le scénario négatif et accélérerait probablement le mouvement baissier.