Les dépenses privées au Mexique ont reculé de 0,8 % en rythme trimestriel au premier trimestre, effaçant la progression de 1 % enregistrée sur la période précédente. Ce retournement suggère un affaiblissement des dépenses des ménages en début d’année, après une dynamique restée solide jusqu’au trimestre précédent.
Ces données signalent un net ralentissement de la demande intérieure sur le trimestre. Après une hausse de 1 %, la dernière lecture à -0,8 % traduit un passage en territoire négatif, établissant une base plus faible pour l’activité portée par la consommation au début de 2026.
Ralentissement du consommateur et implications pour le peso et les actions
Nous interprétons la baisse des dépenses privées au premier trimestre comme un signal d’alerte clair sur l’état de santé de l’économie mexicaine. Ce brusque retournement, d’une croissance de 1 % à une contraction de -0,8 %, indique que le consommateur — moteur clé de l’activité — réduit la voilure. Cette inflexion alimente directement notre biais baissier pour les prochaines semaines.
Ce refroidissement des données de consommation nous conduit à anticiper une poursuite de la faiblesse du peso mexicain. Les derniers chiffres d’inflation de mai 2026 se sont établis à un niveau élevé et persistant de 4,6 %, ce qui limite la marge de manœuvre de la banque centrale pour baisser les taux et soutenir l’activité. Nous privilégions donc des stratégies tirant parti d’une hausse du taux de change USD/MXN, comme l’achat d’options d’achat (call) sur la paire.
Côté actions, nous y voyons un signal pour adopter une posture plus défensive, voire baissière, sur l’indice IPC. Les entreprises exposées à la consommation devraient publier des résultats plus faibles au deuxième trimestre, une tendance qui semble confirmée par les ventes au détail d’avril, en baisse de 0,3 %. Nous envisageons l’achat d’options de vente (put) sur des ETF larges afin de se couvrir contre, ou de profiter d’un éventuel repli.
Volatilité de marché et perspectives pour les actifs mexicains
L’incertitude générée par ces données laisse présager une hausse de la volatilité de marché. Le VIMEX, l’indice de volatilité mexicain, a déjà progressé de près de 8 % sur le mois écoulé, signe que le marché commence à intégrer davantage de risque. Cet environnement pourrait rendre profitables des stratégies de type straddle sur de grandes valeurs mexicaines, dans l’attente des publications de résultats du T2.
Au cours des prochaines semaines, nous surveillerons la publication de l’indice PMI manufacturier ainsi que le prochain rapport d’inflation bimensuel. Un nouvel indicateur décevant renforcerait notre thèse selon laquelle le ralentissement du T1 n’est pas un événement isolé. Cela nous inciterait à accroître nos positions baissières sur les actifs mexicains.