Les publications sur le marché du travail britannique ont envoyé des signaux contradictoires : les chiffres de l’emploi se sont montrés plus fermes par endroits, mais la dynamique des salaires s’est assouplie, laissant la reprise inachevée. Le taux de chômage a légèrement reculé à 4,9 %, tandis que les données de paie au format HMRC ont indiqué une hausse de 2 000 du nombre de salariés sur les listes de paie. Cela fait suite à une importante révision de l’estimation d’avril, ramenée à -53 000 contre -100 000 auparavant.
La combinaison d’indicateurs d’emploi meilleurs en apparence et d’un ralentissement de l’élan salarial suggère un contexte peu porteur, à court terme, pour les embauches. Dans cet environnement, le Comité de politique monétaire (MPC) dispose d’une marge pour différer des hausses de taux, le temps d’évaluer les prochaines données économiques et les risques géopolitiques, y compris le conflit États-Unis/Iran, avant d’ajuster sa politique.
Perspectives de politique monétaire et impact sur la devise
Nous interprétons les dernières données du marché du travail au Royaume-Uni comme un signal clair en faveur de la patience du MPC dans les prochaines semaines. Si le taux de chômage a surpris en baissant à 4,9 %, la faiblesse de la croissance des salaires plaide pour un report des relèvements de taux. En conséquence, les marchés de taux écartent désormais tout mouvement avant, au plus tôt, le dernier trimestre 2026, un changement notable par rapport à il y a seulement un mois.
Cette perspective pèse sur la livre sterling, d’autant que d’autres banques centrales conservent un biais restrictif. Le taux de change GBP/USD a reculé d’environ 1,28 à 1,25 sur le seul dernier mois. Nous estimons que les traders devraient envisager l’achat d’options de vente (put) sur la GBP afin de se couvrir contre, ou de tirer parti, d’un nouvel affaiblissement potentiel.
Stratégie actions et contexte historique de politique monétaire
Pour les actions, des taux durablement plus bas constituent un soutien, mais le contexte géopolitique introduit un risque significatif. Le mémorandum d’entente concernant le conflit États-Unis/Iran a apporté un certain apaisement, mais le Brent reste élevé, proche de 95 dollars le baril, ce qui menace les marges des entreprises. Cela plaide pour une stratégie de vente de calls couverts sur le FTSE 100 afin de générer du revenu, tout en reconnaissant une hausse potentielle incertaine.
Historiquement, le MPC a montré une forte préférence pour l’attente de données concluantes en période d’incertitude, à l’image de sa posture après le vote du Brexit en 2016. La dernière lecture de l’inflation CPI au Royaume-Uni, à 2,3 % en mai, est suffisamment proche de la cible pour lui donner la marge nécessaire pour faire preuve de prudence. Nous anticipons donc que la volatilité des taux d’intérêt à court terme restera contenue jusqu’à la prochaine publication macroéconomique majeure.