Les importations suisses ont légèrement reculé en mai, tombant à 19 018 m contre 19 188 m le mois précédent. Cette baisse d’un mois sur l’autre suggère un léger tassement de la demande de biens importés sur la période.
Le dernier chiffre ressort en baisse de 170 m par rapport à avril. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué, mais cette évolution laisse les importations totales juste en dessous de 19,1 Md en mai.
Demande intérieure suisse et implications de politique monétaire
Le recul récent des importations suisses en mai, bien que modeste, suggère un refroidissement de la demande intérieure au sein de l’économie helvétique. Nous estimons qu’il s’agit d’un premier signal indiquant que le resserrement monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) commence à produire l’effet escompté. Ce ralentissement pourrait tempérer les anticipations de nouvelles hausses de taux agressives à court terme.
Ces données confortent notre scénario d’un statu quo de la BNS lors de sa prochaine réunion, ce qui pourrait plafonner la récente vigueur du franc suisse. Nous ajustons donc nos stratégies sur dérivés de change, en envisageant de vendre des options d’achat (calls) hors de la monnaie sur la paire CHF/EUR afin de tirer parti d’une évolution en range. Historiquement, la BNS a souvent interrompu rapidement son cycle de resserrement dès l’apparition des premiers signes de ralentissement domestique, afin de protéger son secteur exportateur.
Pressions externes, impacts sur les actions et stratégies de volatilité
Cette faiblesse s’inscrit également dans des tendances plus larges en Europe, où des partenaires commerciaux clés comme l’Allemagne montrent des signes de stagnation économique. À titre d’exemple, les dernières commandes à l’industrie en Allemagne ont déçu, reculant de 0,2 % le mois dernier, avec un impact direct sur la chaîne d’approvisionnement et la demande de biens suisses. Cette pression externe plaide davantage pour une approche prudente vis-à-vis de l’économie suisse.
Concernant le Swiss Market Index (SMI), nous y voyons un motif de repositionnement plus défensif, dans la mesure où le ralentissement de la consommation intérieure pourrait peser sur les résultats des entreprises. Nous envisageons l’achat d’options de vente (puts) sur des valeurs de consommation cyclique fortement exposées au marché domestique. Le SMI ayant progressé de près de 7 % depuis le début de l’année, il pourrait être vulnérable à un repli en cas de dégradation des fondamentaux.
Dans ce contexte, nous anticipons une remontée de la volatilité implicite sur le marché des options, à la fois sur les actions suisses et sur le franc. L’environnement actuel de faible volatilité, avec l’indice de volatilité suisse (VSMI) proche de ses plus bas sur 12 mois à 11,5, crée une opportunité d’acheter de la volatilité à bon compte. Nous étudions des positions de straddle acheteur sur des composantes clés du SMI, en amont de leurs publications de résultats du deuxième trimestre.