La Réserve fédérale a maintenu mercredi le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, et le Comité fédéral d’open market a voté à l’unanimité (12 voix contre 0) pour préserver le statu quo. À titre de comparaison, le vote s’était partagé 8 contre 4 en avril. Le communiqué publié à l’issue de la réunion a supprimé le biais accommodant, abandonné toute référence au calendrier de futurs ajustements et formulé un engagement explicite en faveur du rétablissement de la stabilité des prix.
Dans le Summary of Economic Projections, la médiane des anticipations de taux des fonds fédéraux pour 2026 a été relevée à environ 3,8%, contre 3,4% en mars, tandis que les prévisions d’inflation ont été révisées à la hausse : la médiane du PCE 2026 est montée à 3,6% contre 2,7%, et la mesure sous-jacente a été fixée à 3,3%. Les marchés ont réagi rapidement, l’indice du dollar (US Dollar Index) franchissant 100,00 pour inscrire un plus haut de séance légèrement au-dessus de ce niveau, après avoir évolué dans la zone des 99,60 avant la décision. L’attention se tourne désormais vers la première conférence de presse de Kevin Warsh en tant que président, à 18h30 GMT.
Changement de stratégie après le virage restrictif de la Fed
Le brusque durcissement de ton de la Réserve fédérale hier modifie complètement notre stratégie pour les prochaines semaines. Nous ne nous positionnons plus en anticipation de baisses de taux : il nous faut désormais gérer le risque bien réel d’un relèvement d’ici la fin de l’année. Le marché des dérivés reprice rapidement le scénario, l’outil de probabilités de taux du CME indiquant désormais 65% de chances d’une hausse dès la réunion de septembre, un renversement spectaculaire par rapport aux baisses de taux encore intégrées le mois dernier.
Notre réaction la plus immédiate consiste à privilégier le dollar américain, l’indice Dollar (DXY) ayant franchi nettement le seuil clé des 100,00. Ce type de divergence de politique monétaire — une Fed plus agressive pendant que d’autres hésitent — est historiquement favorable au dollar, à l’image du rallye durable observé tout au long de 2022. Nous devrions envisager des options d’achat sur le DXY ou des options de vente sur l’euro afin de tirer parti de cette force attendue.
Conséquences de marché et justification économique
Cette perspective de taux plus élevés plus longtemps constitue un frein majeur pour les actions ; nous devons donc renforcer la protection du portefeuille. La volatilité a de fortes chances de remonter depuis ses niveaux actuellement bas, ce qui rend attractives des options de vente sur les indices S&P 500 et Nasdaq 100 à des fins de couverture. Les dernières données montraient déjà une rotation des fonds d’investissement hors des valeurs technologiques à forte croissance, et nous anticipons une accélération marquée de cette tendance.
Ce virage de la Fed est étayé par les dernières statistiques économiques, qui l’empêchent même d’envisager une baisse. Le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) a montré une remontée inattendue de l’inflation à 3,8%, tandis que le rapport sur l’emploi le plus récent a fait état de 265 000 créations d’emplois, un chiffre étonnamment robuste. Cette combinaison d’une inflation tenace et d’un marché du travail résilient confère à la Fed un mandat clair : se concentrer exclusivement sur la stabilité des prix.