Le Brent a accentué sa repli et teste un support technique sur sa moyenne mobile à 200 jours, à 78,46 dollars le baril, tandis que le dollar américain s’est stabilisé juste au-dessus du plus bas de la semaine après avoir effacé plus de la moitié de ses gains depuis la publication des créations d’emplois non agricoles (NFP) de mai. L’attention du marché se tourne vers la Réserve fédérale, où un statu quo de ton restrictif (« hawkish hold ») est perçu comme un soutien à un dollar plus ferme, même si les risques de communication sont au premier plan.
Le débat de politique monétaire au sein du Federal Open Market Committee est décrit comme passant d’un biais d’assouplissement vers une posture plus neutre, la demande de travail s’améliorant et l’inflation se raffermissant légèrement. Ce basculement met l’accent sur la question de savoir si le ton validera les contrats à terme sur les Fed funds, qui intègrent une hausse de 25 pdb d’ici la fin de l’année, ou s’il s’inscrira en faux contre ce scénario. Le « dot plot » devrait passer d’un signal d’une baisse de 25 pdb en 2026 à une projection médiane cohérente avec une hausse de 25 pdb, même si le président Kevin Warsh devrait minimiser l’importance du SEP et des dot plots et s’appuyer sur des mesures d’inflation en moyenne tronquée, comme le PCE « trimmed mean » de la Fed de Dallas et le CPI « 16% trimmed mean » de la Fed de Cleveland, inférieurs au PCE sous-jacent.
Risques de communication de la Fed et volatilité du dollar
Nous voyons le dollar américain consolider alors que le marché attend la décision de la Réserve fédérale cette semaine. Si le rapport sur l’emploi de mai, faisant état de 272 000 créations, plaide en faveur d’un statu quo restrictif, le principal risque ne tient pas aux données mais à la communication du président. La direction future du dollar dépend entièrement de la manière dont ce message sera délivré.
Le conflit clé que nous surveillons oppose le communiqué officiel à la conférence de presse du président Warsh. Nous anticipons que le dot plot basculera pour signaler une hausse de 25 points de base en 2026, mais Warsh devrait en relativiser la portée. Son accent mis sur des données d’inflation alternatives, comme le PCE « Trimmed Mean » de la Fed de Dallas récemment ressorti à 2,6 %, lui laisse la latitude d’adopter un ton plus accommodant que ne le suggèrent les chiffres sous-jacents.
Ce risque de signal contradictoire rend extrêmement périlleux le fait de conserver un simple pari directionnel sur le dollar. Nous estimons que la volatilité implicite des options de change, en particulier sur les paires EUR/USD et USD/JPY, est actuellement trop faible au regard des circonstances. Nous voyons une opportunité dans l’achat de straddles ou de strangles afin de tirer parti du mouvement de prix brutal susceptible de suivre l’annonce de la Fed, quelle qu’en soit la direction.
Brent, désinflation et couverture des carry trades
Nous surveillons également le Brent, qui peine à conserver son support sur sa moyenne mobile à 200 jours, à 78,46 dollars le baril. Une rupture nette sous ce seuil signalerait un renforcement des pressions désinflationnistes à l’échelle mondiale, donnant au président Warsh davantage d’arguments pour adoucir son discours. Cela plafonnerait probablement tout potentiel rally du dollar et pourrait déclencher un mouvement baissier plus durable.
Pour cette raison, nous restons prudents vis-à-vis de nos carry trades existants à l’achat sur le dollar, vulnérables à un retournement soudain des anticipations de taux. Nous utilisons des options de maturité courte pour nous couvrir contre un risque d’inversion au cours des prochaines semaines. Les précédents historiques montrent que lorsque la communication d’un président de la Fed diverge des projections économiques du comité, la réaction du marché est souvent rapide et volatile.