Le NZD/USD a fléchi vers 0,5820 en début de séance européenne mercredi, effaçant les modestes gains de la veille alors que la prudence s’installait avant la décision de la Réserve fédérale plus tard dans la journée. La Fed devrait laisser son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, tandis que les opérateurs se positionnent pour que le président de la Fed, Kevin Warsh, adopte un ton plus restrictif lors de sa première réunion de politique monétaire.
La paire a trouvé un certain soutien dans l’évolution de l’appétit pour le risque, liée aux perspectives d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Le vice-président américain JD Vance a déclaré que le président Donald Trump pourrait publier un accord préliminaire plus tôt que prévu, après que Trump eut indiqué que le cadre avait déjà été signé, et le ministre iranien des Affaires étrangères Seyed Abbas Araghchi a confirmé une nouvelle série de discussions en Suisse visant un accord final et global. En Nouvelle-Zélande, le déficit du compte courant au T1 2026 s’est creusé à 1,01 milliard de NZD contre 0,71 milliard un an plus tôt, à comparer à des prévisions de 1,03 milliard de NZD, tandis que la confiance des consommateurs a reculé à 80,4 en juin, son plus bas niveau depuis 2023 ; l’attention se tourne désormais vers la publication du PIB du T1 jeudi.
Forces contradictoires et attentes de volatilité
Nous observons un NZD/USD pris entre des forces contradictoires, ce qui nourrit une incertitude marquée. Une Réserve fédérale potentiellement plus restrictive exerce une pression baissière sur la paire, tandis que la perspective d’un accord de paix Etats-Unis–Iran constitue un puissant catalyseur haussier. Cela a porté la volatilité implicite des options NZD/USD à un mois à une prime de 11,2%, au plus haut depuis quatre mois, les marchés se préparant à un mouvement brutal.
Notre attention immédiate se porte sur l’annonce de la Fed aujourd’hui et, demain, sur les données cruciales de PIB néo-zélandais du T1. Alors que les économistes anticipent une croissance trimestrielle atone de 0,1%, après un faible 0,2% au dernier trimestre 2025, une publication négative pourrait aisément rompre le support à 0,5800. Le ton attendu, ferme, de la Fed ne fait qu’amplifier ce risque baissier à très court terme pour la paire.
Potentiel haussier lié à l’accord de paix et perspectives néo-zélandaises
Il faut toutefois tenir compte du risque haussier substantiel lié aux négociations de paix. Un accord confirmé déclencherait probablement un regain d’appétit pour le risque, affaiblissant le statut de valeur refuge du dollar américain et soutenant les devises liées aux matières premières comme le kiwi. Les contrats à terme sur le WTI ont déjà reculé de 2% autour de 88 dollars le baril cette semaine, reflet d’un optimisme initial du marché sur une baisse des tensions géopolitiques.
Le tableau macroéconomique sous-jacent de la Nouvelle-Zélande incite également à la prudence. Les dernières données ont montré que la production industrielle chinoise de mai a légèrement manqué les attentes à 4,9% sur un an, tandis que la dernière enchère Global Dairy Trade a vu les prix reculer de 1,3%. Ces éléments pèsent sur les perspectives des exportations clés de la Nouvelle-Zélande et limitent les fondamentaux favorables au NZD.
Compte tenu de ces catalyseurs fortement antagonistes, nous ne retenons pas une lecture directionnelle simple pour les prochaines semaines. Nous nous positionnons plutôt sur une sortie de range dans un sens ou dans l’autre via des straddles sur options, consistant à acheter à la fois une option d’achat (call) et une option de vente (put). Cette stratégie permet de tirer profit d’un mouvement de prix significatif, qu’il soit déclenché par la politique de la Fed ou par une avancée géopolitique.