Les prix de production à la sortie d’usine au Royaume-Uni ont augmenté de 4 % sur un an en mai, en données non corrigées des variations saisonnières, conformément aux attentes du marché. Cette publication suggère des pressions sur les coûts stables au niveau de la production.
Avec une inflation « factory gate » ressortant comme prévu à 4 %, les données indiquent que la dynamique des prix dans la chaîne de production est restée inchangée en mai par rapport aux hypothèses des économistes.
Perspectives de la Banque d’Angleterre et positionnement de marché
Le dernier chiffre de l’indice des prix à la production (PPI) au Royaume-Uni pour mai, conforme aux attentes à 4 %, confirme que les pressions inflationnistes ne s’estompent pas. Ce niveau est deux fois supérieur à la cible de la Banque d’Angleterre, ce qui suggère que les coûts supportés par les industriels demeurent obstinément élevés. Selon nous, cela rend peu probable une baisse de taux pendant l’été.
Nous interprétons cette donnée comme un signal clair en faveur d’un positionnement sur une Banque d’Angleterre plus offensive (hawkish) dans les prochaines semaines. Le marché intégrait la possibilité d’une baisse de taux plus tard cette année, mais une inflation à 4 % à la sortie d’usine rend ce scénario de plus en plus optimiste. En revenant sur la période 2022-2024, on a vu combien une inflation persistante a contraint la banque centrale à maintenir des taux élevés plus longtemps que beaucoup ne l’anticipaient.
Sur le marché des dérivés, cela implique d’ajuster les anticipations de taux. Nous envisageons de vendre des contrats à terme SONIA échéance fin 2026, le marché devant évacuer le reliquat d’anticipations accommodantes. Payer du fixe sur des swaps de taux à court terme est une autre stratégie que nous étudions pour se positionner sur des taux durablement plus élevés.
Implications pour les devises et les actions
Pour les cambistes, cette inflation persistante devrait soutenir la livre. Une banque centrale contrainte de rester restrictive devrait maintenir la vigueur de la livre sterling face à des devises où des baisses de taux semblent plus certaines, comme l’euro. Nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) de maturité courte sur GBP/EUR constitue une manière tactique de tirer parti de cette divergence de politique monétaire.
Cet environnement est moins favorable aux actions britanniques, car des coûts d’emprunt plus élevés peuvent peser sur les bénéfices des entreprises. Nous anticipons une sous-performance des secteurs sensibles aux taux, comme les services aux collectivités (utilities) et l’immobilier. Pour gérer ce risque, nous envisageons l’achat d’options de vente (puts) sur l’indice FTSE 250, davantage exposé à l’économie domestique britannique que le FTSE 100, plus international.