Les contrats à terme WTI à échéance la plus proche ont chuté d’environ 5,8% pour tester la zone des 75 dollars, un plus bas de 15 semaines, alors que les échanges ont basculé sur des rumeurs d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran susceptible d’alléger le blocus naval américain et de rouvrir le détroit d’Ormuz. Le contrat Brent d’août a suivi le mouvement, passant sous 79 dollars pour la première fois — et sous 80 dollars — depuis mars. Le texte n’a pas été vu et n’est ni signé ni officiel, et Washington comme Téhéran en donnent des versions divergentes ; le projet serait présenté comme combinant un assouplissement du blocus avec des plafonds sur le programme nucléaire iranien et la libération d’avoirs gelés, tout en renvoyant les sujets les plus épineux à une phase ultérieure de 60 jours. Les efforts diplomatiques précédents s’étaient dégradés, l’échec intervenu au printemps ayant alimenté le blocus, qui demeure largement en place.
Les marchés font désormais face à un calendrier chargé, dominé par la décision du FOMC à 18h00 GMT — un statu quo dans une fourchette de 3,50% à 3,75% étant valorisé à environ 97% sur CME FedWatch —, ainsi que par le rapport sur les stocks de l’EIA à 14h30 GMT et la mise à jour mensuelle de l’AIE. Sur le plan technique, le WTI a clôturé sous sa moyenne mobile exponentielle (EMA) à 200 jours, proche de 78,50 dollars, et a enfoncé 76 dollars en direction de 75 dollars ; l’EMA 50 jours se situe près de 90 dollars. Des lectures du Stoch RSI ont été évoquées autour de 12 en séance et d’environ 28 en données quotidiennes, avec un support à 75 dollars et des résistances à 76 dollars, 78,50 dollars et 80 dollars, tandis qu’une cassure sous 75 dollars était présentée comme ouvrant la voie vers le bas des 70 dollars, puis le milieu des 60 dollars.
Réaction du marché aux rumeurs d’accord de paix États-Unis–Iran
Le pétrole brut West Texas Intermediate est en chute libre, passant sous sa moyenne mobile à 200 jours et testant le seuil des 75 dollars le baril. Cette baisse s’explique par le pari du marché sur l’imminence d’un accord États-Unis–Iran, qui permettrait le retour sur le marché mondial de volumes de brut iranien aujourd’hui sanctionnés. La conviction est forte, alors même qu’aucun accord n’a été officiellement signé et qu’aucune offre supplémentaire n’a, à ce stade, commencé à circuler.
Le marché « vend la rumeur » ; il faut respecter cette dynamique, mais la situation reste fragile. Les données de la CFTC montrent que sur la semaine close le 9 juin 2026, les gérants ont accru de plus de 15% leurs positions nettes vendeuses sur les contrats à terme et options WTI, signe que les spéculateurs alimentent largement le mouvement. Cela intervient malgré les précédents de cette année, où des discussions similaires ont déjà échoué, faisant de ce positionnement une opération à haut risque, fondée essentiellement sur les gros titres.
Stratégies d’options et risques liés aux événements à venir
Il convient d’exploiter cette volatilité via les options, le caractère binaire de l’issue de l’accord créant un risque clair de « retour de flamme » des prix. L’historique confirme qu’un tel décrochage est possible : lors de la mise en œuvre de l’accord nucléaire initial avec l’Iran (JCPOA) début 2016, ce facteur avait contribué à faire tomber les prix du pétrole sous 30 dollars le baril. Dès lors que le WTI a rompu un support technique majeur, l’achat d’options de vente (puts) ou la mise en place de spreads baissiers (bear put spreads) visant le bas des 70 dollars, voire le haut des 60 dollars, apparaît comme l’approche la plus logique pour accompagner la dynamique baissière.
La journée de demain s’annonce critique en termes de risque événementiel, avec la décision de la Réserve fédérale sur les taux et la publication hebdomadaire des stocks de l’EIA. Le rapport de l’EIA de la semaine dernière a fait état d’une hausse inattendue des stocks de brut de 1,2 million de barils ; un nouveau gonflement alimenterait les inquiétudes sur la demande et pourrait entraîner une rupture du support à 75 dollars. Une posture restrictive (« hawkish ») de la Fed renforcerait également le dollar, ajoutant un vent contraire aux prix du brut.
Compte tenu d’un état de survente marqué à très court terme, le principal risque pour une position vendeuse serait l’échec des discussions avant la cérémonie de signature prévue vendredi. Un accord avorté provoquerait probablement un rebond violent en direction de 80 dollars, la prime de guerre étant rapidement réintégrée dans les cours. Pour cette raison, il peut être pertinent de couvrir les positions baissières via des options d’achat (calls) bon marché, hors de la monnaie, ou de se tenir prêt à couper rapidement les positions vendeuses si les titres suggèrent un enlisement des négociations.