Les permis de construire aux États-Unis ont reculé de 0,7 % en mai, effaçant une partie de la vigueur du mois précédent. Cette dernière publication intervient après une hausse de 5,8 % auparavant, ce qui suggère un rythme plus modéré de l’activité de construction autorisée.
Le passage d’une progression à une contraction indique que la dynamique des délivrances de permis s’est refroidie après l’avancée d’avril. Les permis de construire sont étroitement surveillés comme indicateur avancé de l’offre de logements, car ils reflètent les intentions de lancement de nouveaux projets résidentiels.
Ralentissement de la dynamique des permis de construire et sentiment de marché
Compte tenu du net retournement des permis de construire — d’une forte hausse à une légère contraction — nous y voyons un signal clair de refroidissement du marché immobilier. Ce rapport de mai suggère que le renchérissement des coûts d’emprunt commence enfin à peser sur les futurs plans de construction. Nous estimons qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais du début d’une tendance à l’assouplissement.
Ce ralentissement est cohérent avec d’autres données récentes que nous suivons. Par exemple, l’indice Housing Market Index de la National Association of Home Builders/Wells Fargo est resté sous le seuil clé de 50 pendant plusieurs mois, signalant un pessimisme chez les constructeurs. Avec des taux hypothécaires à 30 ans qui se maintiennent obstinément au-dessus de 6,5 %, l’accessibilité au logement demeure un frein majeur à la demande.
Positionnement stratégique et implications macroéconomiques
Dans les prochaines semaines, nous chercherons à acheter des options de vente (puts) sur le SPDR S&P Homebuilders ETF (XHB) afin de nous positionner sur un repli du secteur. Cela offre une exposition directe aux entreprises les plus touchées par une baisse des nouvelles constructions et du moral des acheteurs. Nous considérons qu’il s’agit d’un trade à forte conviction fondé sur ces nouvelles données de permis.
Au-delà de l’immobilier, ces chiffres pourraient influencer la réflexion de la Réserve fédérale sur les taux d’intérêt. Un secteur de la construction en ralentissement réduit les pressions inflationnistes, rendant moins probable une nouvelle hausse de taux de la Fed cette année. Nous surveillerons les futures sur taux pour détecter d’éventuels ajustements des anticipations de marché vers une politique plus neutre ou plus accommodante.
Nous avons déjà observé ce schéma, notamment lors du ralentissement de fin 2018, lorsque le durcissement monétaire de la Fed avait entraîné un gel temporaire du marché immobilier. Cette période avait été suivie d’une hausse de la volatilité des marchés, les investisseurs réévaluant les perspectives de croissance. En conséquence, nous recommandons également d’envisager des options d’achat (calls) sur le VIX comme couverture relativement peu coûteuse contre un accès de faiblesse plus large du marché.
Notre réaction immédiate consiste à réduire l’exposition longue aux fournisseurs de matériaux de construction et aux banques régionales disposant d’importants portefeuilles de prêts hypothécaires. Nous suivrons de près les prochaines publications sur les ventes de logements anciens et les ventes de logements neufs afin d’obtenir une confirmation supplémentaire de ce refroidissement. Il est temps de passer d’une posture pro-cyclique à une approche plus défensive.