L’indice des prix des logements en Chine est resté stable en mai, le taux annuel demeurant inchangé à -3,5 %. Cette publication confirme la poursuite de la déflation des prix de l’immobilier résidentiel, maintenant la pression sur les bilans des ménages et sur les stratégies de fixation des prix des promoteurs.
L’absence d’accélération ou d’inflexion suggère que les mesures de soutien précédentes ne se sont pas encore traduites par un retournement des prix à l’échelle nationale. Avec un recul toujours de 3,5 % sur un an, le marché aborde le milieu de l’année en position de faiblesse, et toute amélioration devrait dépendre d’un assouplissement effectif des conditions de crédit et d’un redressement de la demande de logements.
Un marasme persistant sape la confiance et pèse sur l’économie
Nous interprétons le chiffre de -3,5 % de l’indice des prix des logements en mai comme le signal que le repli du marché immobilier chinois est en train de s’installer durablement. L’absence d’amélioration, malgré le soutien politique récent, traduit une perte de confiance profonde chez les acquéreurs. Cette faiblesse prolongée continuera de peser sur l’ensemble de l’économie.
En conséquence, nous cherchons à vendre à découvert des contrats à terme adossés au Hang Seng Mainland Properties Index au cours des prochaines semaines. Les dernières données officielles montrent que les nouveaux démarrages de chantiers ont reculé de 25 % sur un an en mai, confirmant que les promoteurs n’anticipent pas de reprise immédiate. Ce déclin structurel fait de tout rebond des actions liées à l’immobilier une opportunité de vente.
Implications d’investissement : assouplissement, faiblesse des matières premières et stratégies de volatilité
Cette faiblesse persistante devrait contraindre la Banque populaire de Chine à poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire, accentuant la pression baissière sur le yuan. Nous achetons donc des options d’achat USD/CNH, en anticipant un mouvement vers 7,40. Historiquement, les périodes de ralentissement prolongé de l’immobilier en Chine se sont régulièrement accompagnées d’un affaiblissement de la devise, afin de soutenir le secteur exportateur.
Ce scénario est également négatif pour les matières premières industrielles, en particulier le minerai de fer et le cuivre. Les stocks de minerai de fer dans les ports chinois ayant dépassé 147 millions de tonnes métriques début juin — un plus haut depuis 2024 —, la demande issue de la construction montre clairement des signes d’essoufflement. Nous renforçons donc nos positions baissières sur les contrats à terme sur minerai de fer.
Dans l’ensemble, ces données stagnantes accroissent la probabilité d’une volatilité de marché plutôt que celle d’une tendance nette. Nous voyons de la valeur dans l’achat de straddles sur des ETF exposés à la Chine, comme le FXI, afin de tirer parti d’un mouvement de prix significatif dans un sens ou dans l’autre. Le faible niveau actuel de volatilité implicite rend cette stratégie attractive pour se couvrir contre un choc politique majeur ou une dégradation plus marquée qu’anticipé.