Le taux d’utilisation des capacités aux États-Unis a correspondu aux prévisions à 76,2 % en mai. Cet indicateur mesure l’intensité d’utilisation des usines, mines et services publics par rapport à leur production potentielle, offrant un baromètre des conditions industrielles sans écart par rapport aux attentes.
À 76,2 %, l’utilisation des capacités en mai n’apporte guère de surprise pour les évaluations à court terme du degré de sous-utilisation et des tensions d’exploitation au sein du tissu industriel. Le chiffre, conforme aux prévisions, fournit un point de repère stable pour suivre, dans les prochaines publications, l’évolution des contraintes de production et du pouvoir de fixation des prix.
Impact sur les marchés et perspectives de politique de la Réserve fédérale
Avec un taux d’utilisation des capacités en mai exactement conforme aux attentes à 76,2 %, nous n’anticipons pas de choc de marché majeur à très court terme. Ce chiffre confirme le récit dominant d’une économie qui ralentit, sans pour autant s’effondrer. Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que la volatilité implicite demeure contenue, voire s’oriente légèrement à la baisse dans les semaines à venir.
Ce niveau de 76,2 % reste nettement inférieur à la moyenne de long terme proche de 80 % observée entre 1972 et 2023, ce qui suggère qu’il subsiste une marge de capacité significative du côté de l’offre. Cette marge, conjuguée au récent rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) indiquant un reflux de l’inflation à 3,1 %, atténue la pression sur la Réserve fédérale pour envisager de nouvelles hausses de taux. Nous estimons que cela consolide le scénario d’un statu quo de la Fed tout au long de l’été.
Dans cet environnement stable, nous voyons une opportunité via des stratégies de vente de prime sur de grands indices. Avec un VIX évoluant actuellement autour de 14, un niveau relativement bas, la vente d’options de vente (puts) ou d’achat (calls) hors de la monnaie sur le S&P 500 peut générer des revenus tant qu’aucune donnée macroéconomique inattendue ne vient perturber le marché. Le chiffre d’utilisation des capacités conforme aux attentes écarte un catalyseur potentiel de déstabilisation.
Nous surveillons également les dérivés de taux, le marché intégrant des ajustements futurs de la Fed. L’outil CME FedWatch indique désormais une probabilité supérieure à 60 % d’une baisse de taux d’ici la réunion de décembre 2026. Pour se positionner, on peut s’intéresser aux options sur des ETF obligataires adossés aux Treasuries comme TLT, en anticipant une détente graduelle des rendements à mesure que l’attention du marché se déplace vers un possible assouplissement.
Positionnement sectoriel et stratégie prospective
Cependant, ce taux d’utilisation des capacités inférieur à la norme suggère une faiblesse des secteurs industriels et des matériaux. Nous ferions preuve de prudence sur des positions haussières via des ETF tels que l’Industrial Select Sector SPDR Fund (XLI), une capacité de production moins sollicitée n’étant pas un signal de vigueur des bénéfices futurs pour ces entreprises. Nous pourrions même envisager des spreads baissiers sur options de vente (put spreads) sur ces segments, à titre de couverture contre un ralentissement supplémentaire.
Pour la suite, notre attention se porte désormais sur la prochaine publication majeure, en particulier le rapport sur l’emploi à venir. Le chiffre d’utilisation des capacités est désormais intégré dans les prix, et le marché aura besoin d’un nouveau catalyseur pour sortir de sa zone d’évolution actuelle. En conséquence, nous conserverons nos positions actuelles tout en nous préparant à la prochaine série de données sur l’emploi et l’inflation.