Le dollar américain a prolongé ses pertes après la conclusion d’un accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin aux hostilités et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce mouvement a effacé une partie de l’appréciation du billet vert liée au conflit, les marchés intégrant une baisse du risque macroéconomique mondial et des perspectives plus sereines pour les routes énergétiques. Les opérateurs ont également réduit leurs anticipations d’un durcissement plus marqué de la trajectoire de la Fed, ce qui a pesé sur les rendements américains et sur la devise.
L’attention se tourne désormais vers la réunion du Federal Open Market Committee de mercredi, sous la présidence de Kevin Warsh. Alors que le marché des taux s’ajuste déjà pour refléter un nombre plus limité de hausses potentielles, le dollar pourrait s’affaiblir davantage si la Fed maintient sa politique inchangée et évite toute surprise restrictive. Le principal risque pour ce scénario serait un signal plus ferme indiquant que les responsables envisagent activement une hausse de taux.
Perspectives sur le dollar et stratégies de gestion du risque
L’accord conclu ce week-end entre les États-Unis et l’Iran constitue un événement majeur de réduction du risque pour l’économie mondiale. Nous avons déjà vu le Dollar Index (DXY) passer sous le seuil clé de 103,00 en réaction. L’indice de volatilité CBOE (VIX) s’est également effondré, reculant d’un niveau supérieur à 20 pour passer sous 15, signe d’un net basculement vers un appétit pour le risque.
Dans ce contexte, nous estimons que se positionner pour une poursuite de la faiblesse du dollar constitue le principal scénario de marché pour les prochaines semaines. L’achat d’options d’achat (calls) sur des paires de devises comme EUR/USD et AUD/USD offre une manière à risque défini de tirer parti de ce mouvement. Ces stratégies bénéficient à la fois d’un dollar plus faible et de l’environnement pro-cyclique plus large que cet accord favorise.
Toutefois, la réunion du FOMC ce mercredi 17 juin est un obstacle majeur. Si les marchés ont écarté une hausse de taux — les contrats futures sur les Fed funds n’impliquant plus qu’une probabilité de 15 % —, toute tonalité restrictive de la part du président Kevin Warsh pourrait inverser brutalement la baisse du dollar. Il convient de se protéger contre cet événement binaire.
Pour gérer ce risque, nous examinons des structures de produits dérivés à très court terme arrivant à échéance juste après l’annonce du FOMC. Par exemple, l’achat d’options d’achat sur le dollar américain, peu coûteuses et très hors de la monnaie (out-of-the-money), peut constituer une couverture efficace contre une surprise. Cela protège notre scénario central vendeur de dollar contre un pivot de politique monétaire plus restrictif.
Matières premières et actions dans un contexte de risque géopolitique réduit
La réouverture du détroit d’Ormuz a fait chuter les prix du pétrole, le Brent reculant de plus de 15 % pour revenir vers 85 dollars le baril au cours des dernières 48 heures. Historiquement, cela correspond aux épisodes de désescalade au Moyen-Orient, lorsque les craintes sur l’offre se dissipent du jour au lendemain. Nous anticipons un potentiel de baisse supplémentaire et envisageons l’achat d’options de vente (puts) sur les contrats à terme WTI et Brent.
Cette combinaison de prix de l’énergie plus faibles et de tensions géopolitiques en recul est très favorable aux actions, en particulier aux secteurs de la consommation et de l’industrie. Des options d’achat sur les grands indices, comme le S&P 500, offrent une manière efficiente en capital de participer à un éventuel rally de soulagement. Nous anticipons que la volatilité implicite sur les actions restera contenue tant que l’accord tiendra.