Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie ont indiqué qu’ils étaient prêts à lever les sanctions contre l’Iran si celui-ci prenait des mesures sur son programme nucléaire, à la suite d’un accord entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à leur conflit, selon Reuters. Dans une déclaration commune, les quatre pays ont affirmé que l’Iran ne devait pas acquérir d’arme nucléaire et qu’ils étaient prêts à travailler avec les États-Unis, l’Iran et l’AIEA en vue d’atteindre cet objectif.
L’agence de presse Mehr a rapporté que les États-Unis débloqueraient 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés avant le début des négociations, en se référant à un mémorandum d’accord en 14 points entre les deux pays. La réaction des marchés a été immédiate. Au moment de la rédaction, le West Texas Intermediate reculait de 3,88% sur la séance, à 79,70 dollars.
Réaction du marché pétrolier et réponses stratégiques
La perspective d’un accord États-Unis–Iran constitue un signal fortement baissier pour le pétrole brut. La baisse immédiate du WTI à 79,70 dollars reflète les craintes du marché de voir de nouvelles offres inonder le marché. Nous y voyons le début d’un ajustement baissier significatif des prix.
Nous estimons que le marché intègre désormais le retour des exportations pétrolières iraniennes, qui pourrait ajouter plus de 1,2 million de barils par jour à l’offre mondiale d’ici six mois. Cette nouvelle offre intervient alors que des données récentes de l’OPEP+ datant de mai 2026 montraient que le groupe peinait déjà à maintenir le respect de ses réductions de production. L’afflux de brut iranien exercera une pression considérable sur la capacité du cartel à gérer les prix.
En réponse, nous envisageons d’acheter des options de vente (puts) sur les contrats à terme WTI et Brent, avec des échéances dans les trois à six prochains mois. Cette stratégie nous permet de profiter d’une poursuite de la baisse des cours du pétrole tout en plafonnant notre perte potentielle. Les prix d’exercice 75 et 70 dollars deviennent particulièrement attractifs pour les contrats d’août et de septembre.
Volatilité, contexte historique et effets indirects
De tels développements géopolitiques génèrent une forte incertitude ; nous nous attendons donc également à une nette hausse de la volatilité du pétrole. L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX), qui évoluait autour d’un niveau relativement calme de 35, pourrait aisément dépasser 45 dans les prochains jours. Par conséquent, nous étudions aussi des stratégies acheteuses de volatilité, telles que l’achat de straddles, afin de tirer parti de fortes amplitudes de prix.
Nous avons observé une dynamique similaire lors de la période ayant précédé l’accord nucléaire JCPOA de 2015. Les prix du pétrole avaient chuté de plus de 30% dans les six mois suivant l’accord initial, le marché anticipant le retour des barils iraniens. L’histoire suggère que ce repli initial n’est pas un phénomène d’une journée, mais le début d’une tendance de plus long terme.
Cette information signale également une désescalade des tensions dans le golfe Persique, ce qui est positif pour le commerce maritime. La prime de risque pour les pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz devrait diminuer, ce qui pourrait réduire les coûts d’assurance maritime. Nous explorons donc des options d’achat (calls) sur de grandes compagnies de transport maritime (tankers) qui bénéficieraient d’un passage plus sûr et moins coûteux.
Il est crucial de rappeler que cet accord n’est pas encore finalisé et qu’il pourrait encore échouer. Nous suivrons attentivement les annonces officielles de l’AIEA et de l’ensemble des pays concernés afin d’obtenir confirmation. Tout signe de retard ou d’échec des négociations provoquerait un net retournement des prix du pétrole.