Le WTI, référence du brut américain, a reculé à environ 79,40 $ lors des premiers échanges asiatiques lundi, évoluant autour de 79,50 $ et touchant un plus bas de deux mois. La baisse fait suite à des informations selon lesquelles Washington et Téhéran auraient conclu un accord de paix mettant fin à une guerre de près de quatre mois, avec un arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Donald Trump a également déclaré que le détroit d’Ormuz rouvrirait vendredi, après avoir été de facto fermé depuis peu après les frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, et il a autorisé la levée d’un blocus naval américain.
L’appétit pour le risque reste fragile après l’avertissement de Trump selon lequel, si l’Iran ne parvient pas à un accord nucléaire final avec les États-Unis, des frappes militaires sur Téhéran reprendraient. Les marchés pétroliers surveillent aussi les signaux sur les stocks américains : le rapport hebdomadaire de l’American Petroleum Institute (API) sur les stocks de brut est attendu mardi. Par ailleurs, l’OPEP est un groupe de 12 pays producteurs qui fixe des quotas de production lors de réunions semestrielles, tandis que l’OPEP+ y ajoute dix membres non-OPEP, dont la Russie. Les résultats des stocks API et EIA se situent généralement à moins de 1 % l’un de l’autre dans 75 % des cas, l’EIA étant jugée plus fiable.
Perspective baissière immédiate et stratégies de trading
Compte tenu des informations sur un accord entre les États-Unis et l’Iran, nous estimons que la trajectoire immédiate du WTI est baissière. La chute rapide vers un plus bas de deux mois autour de 79,50 $ est une conséquence directe de la désescalade dans une région clé de production pétrolière. Notre stratégie consiste à anticiper une nouvelle faiblesse des prix en vendant des contrats à terme du mois en cours ou en achetant des options de vente (puts) afin de profiter de cette dynamique baissière.
La réouverture prévue du détroit d’Ormuz est le facteur le plus déterminant, ce goulet d’étranglement assurant le transit d’environ un cinquième de l’offre mondiale quotidienne de pétrole. Le retour de millions de barils par jour sur le marché créera un excès d’offre que la demande actuelle pourrait ne pas absorber. Nous ciblons donc des options de vente avec des prix d’exercice proches de 75 $, le marché n’ayant pas encore pleinement intégré ce choc d’offre.
Volatilité et données sur les stocks comme moteurs du marché
Cependant, la situation reste fragile car l’accord est conditionné à la conclusion d’un accord nucléaire final. Cette tension de fond maintiendra une volatilité des options élevée, offrant des opportunités spécifiques. Historiquement, des basculements géopolitiques de ce type peuvent faire bondir les indices de volatilité du pétrole de plus de 40 %, rendant coûteux le maintien de positions longues ; nous envisageons donc de vendre des spreads d’options d’achat (calls) hors de la monnaie afin d’encaisser une prime liée à cette incertitude.
Tous les regards se tourneront désormais vers les données de stocks de cette semaine, à la recherche d’indices de vigueur de la demande. Nous restons prudents, car le dernier rapport de l’Energy Information Administration (EIA) a fait état d’une hausse inattendue des stocks de 4,1 millions de barils, suggérant que la demande sous-jacente pourrait déjà être molle. Une nouvelle hausse rapportée par l’API mardi confirmerait cette tendance et accélérerait probablement la baisse des prix.