Deutsche Bank indique que l’économie britannique colle le plus étroitement au scénario A de la Banque d’Angleterre, aidée par un début 2026 plus solide que ce qu’anticipait la banque centrale. La croissance trimestrielle au T2-26 devrait se rapprocher de 0,1–0,2% t/t après un élan plus ferme au T1-26, tandis que le marché du travail est décrit comme légèrement plus souple qu’attendu. Dans les conditions de marché actuelles, la croissance annuelle du PIB cette année est située au niveau de la projection des équipes de la BoE, à 0,9%, et serait vue au-dessus de 1%.
En intégrant le T1-26 plus robuste, la banque estime que la projection conditionnée de la BoE remonterait à 1% contre 0,8% dans le scénario A, et elle s’attend à ce que la croissance de la deuxième année, en 2027, se maintienne à 1%, globalement en ligne avec les scénarios A et B. Côté prix, l’IPC est projeté légèrement en dessous du scénario A, et sous les hypothèses de conditionnement du scénario B il serait inférieur de 0,1 point à 0,15 point aux projections de la BoE aux horizons deux ans et trois ans, ramenant l’IPC global sous l’objectif de 2% sur les horizons plus lointains.
Tendances macroéconomiques et implications pour la politique monétaire
Nous voyons l’économie britannique suivre une trajectoire de croissance étonnamment robuste, en parallèle d’un reflux de l’inflation. Les dernières données de l’ONS ont montré un IPC de mai à 2,1%, légèrement sous les prévisions, confortant l’idée que les tensions sur les prix s’atténuent. Cela suggère que la Banque d’Angleterre aura moins d’urgence à maintenir une posture restrictive.
Un moteur clé est le marché du travail, qui commence à s’assouplir comme anticipé. Le dernier rapport sur l’emploi a montré une remontée du taux de chômage à 4,5% tandis que la progression des salaires s’est modérée, apaisant les craintes de spirale prix-salaires. En conséquence, l’anticipation par le marché de futures hausses de taux de la Banque d’Angleterre paraît excessive.
Positionnement de marché : taux d’intérêt, devise et actions
Dans les semaines à venir, il convient de se positionner sur des taux futurs plus bas que ce que le marché intègre actuellement. Cela passe par privilégier des stratégies bénéficiant d’un biais plus accommodant, comme l’achat de contrats à terme SONIA. Ces positions gagneront en valeur si la Banque signale un pivot vers une stabilisation, voire des baisses de taux plus tôt que prévu.
Cette lecture plaide aussi pour une faiblesse potentielle de la livre sterling face à des devises dont les banques centrales sont plus restrictives. Une Banque d’Angleterre moins agressive rend la détention de sterling moins attrayante. Il faut donc envisager l’utilisation d’options pour se positionner sur un repli du GBP/USD, par exemple via l’achat de puts.
Pour les marchés actions, ce scénario de croissance régulière et de détente des taux est favorable. On peut s’attendre à ce que cet environnement profite aux actions britanniques en contenant les coûts d’emprunt des entreprises, tout en préservant la demande. En conséquence, il convient d’envisager des positions haussières sur les futures FTSE 250, les sociétés davantage exposées à la demande domestique étant susceptibles d’en bénéficier.