L’attention se déplace de la hausse des taux de la BCE vers la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) du mercredi 17 juin, qui sera la première de Kevin Warsh. Les attentes se concentrent sur un glissement vers une posture de politique monétaire plus neutre dans le communiqué, une communication du FOMC conçue pour préserver la crédibilité et bâtir un consensus plutôt que pour réagir à la pression politique, et toute évolution du message devrait être préannoncée avant d’être effectivement mise en œuvre.
Le « dot plot » des prévisions individuelles de taux des membres du FOMC devrait s’éloigner des baisses. Les réductions de taux auparavant envisagées pour cette année en mars sont attendues disparaître du profil, et certaines projections de hausses devraient également apparaître dans la distribution.
Changement de leadership et positionnement de marché
À l’approche de la réunion de la Réserve fédérale du 17 juin, nous anticipons un changement de ton notable sous une nouvelle direction. L’accent sera mis sur l’établissement de la crédibilité, ce qui se traduirait probablement par un communiqué de politique monétaire plus neutre. Cela implique que les traders de dérivés doivent faire preuve de prudence avant de se positionner sur des baisses de taux imminentes.
Ce biais plus restrictif est étayé par les dernières publications économiques. Le rapport sur l’emploi de mai a été solide, avec 245 000 créations de postes, et un taux de chômage resté faible à 3,7 %. Par ailleurs, les derniers chiffres de l’IPC ont montré une inflation sous-jacente toujours tenace à 3,1 %, laissant à la Fed peu de marge pour laisser entrevoir un assouplissement.
Dans ce contexte, nous estimons que les stratégies sur options devraient privilégier un scénario de taux « plus élevés plus longtemps ». Le marché a déjà commencé à écarter l’hypothèse de baisses cette année, les contrats futures sur les Fed Funds n’impliquant désormais qu’une probabilité inférieure à 20 % d’une baisse d’ici décembre. Nous voyons un intérêt à se positionner pour que cette dynamique se poursuive, à mesure que les indications officielles de la Fed rattrapent les données.
Projections du « dot plot » et implications de politique monétaire
Le « dot plot » sera l’élément d’information le plus déterminant de la réunion. Nous attendons que la projection médiane supprime les baisses de taux qui étaient auparavant anticipées pour 2026. Il est également très probable qu’un ou deux membres inscrivent une hausse de taux, ce qui constituerait un signal fort pour les échéances allant jusqu’en 2027.
Historiquement, les nouveaux présidents de la Fed utilisent souvent leurs premières réunions pour asseoir leurs références en matière de lutte contre l’inflation. Un pivot de neutre à légèrement restrictif s’inscrirait dans ce schéma, signalant aux marchés que la nouvelle Fed ne cédera pas à la pression politique. Il s’agirait d’un choix visant à renforcer la crédibilité à long terme, même au prix d’une volatilité à court terme.
Le contexte international plaide également en ce sens, notamment après que la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur de 25 points de base la semaine dernière. Une Fed accommodante ferait courir le risque d’une divergence des politiques monétaires et d’un affaiblissement de la devise. Nous nous attendons donc à ce que le FOMC indique qu’il ne se laisse pas distancer par ses homologues internationaux.