L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de l’Espagne a progressé de 3,6 % en glissement annuel en mai, conformément aux prévisions du marché. Cette donnée suggère que l’inflation s’est maintenue comme attendu, à un moment où les tensions sur les prix demeurent supérieures aux niveaux compatibles avec l’objectif de moyen terme de la Banque centrale européenne.
Le résultat de mai maintient le taux d’inflation IPCH espagnol à 3,6 % et fournit un point de référence clair pour les comparaisons à court terme, alors que les données à venir alimentent la lecture de l’inflation dans l’ensemble de la zone euro. Avec un chiffre conforme au consensus, la publication n’apporte aucune surprise chiffrée susceptible de revaloriser immédiatement la tarification des dynamiques d’inflation liées à l’Espagne.
Tensions inflationnistes persistantes dans la périphérie de la zone euro
Le fait que l’inflation espagnole ressorte à 3,6 %, comme attendu, confirme notre analyse selon laquelle les pressions sur les prix dans la périphérie de la zone euro restent persistantes. En l’absence de surprise dans les données, nous n’anticipons pas de volatilité immédiate des marchés. Cela renforce au contraire le récit selon lequel le travail de la BCE est loin d’être terminé.
Nous notons que ce chiffre espagnol est nettement supérieur à la dernière estimation « flash » de l’inflation globale en zone euro, qui s’établissait à 2,9 % la semaine dernière. Cette divergence complique la trajectoire de la BCE, qui doit définir une politique monétaire unique pour l’ensemble du bloc. Une approche plus prudente concernant de nouvelles baisses de taux devient désormais plus probable lors des réunions de juillet et de septembre.
Implications pour les marchés de taux, d’actions et de change
Au vu de ce scénario, nous étudions des options sur futures Euribor qui profiteraient d’une réduction par le marché de ses paris sur des baisses de taux agressives plus tard cette année. Historiquement, de telles divergences d’inflation, comme celle observée entre l’Allemagne et les États du Sud fin 2024, ont conduit la BCE à marquer une pause dans son cycle d’assouplissement. Nous nous attendons à ce qu’une prudence similaire, dépendante des données, s’impose désormais.
Pour les traders actions, une inflation persistante pourrait constituer un vent contraire ; nous envisageons donc l’achat d’options de vente (puts) sur l’Euro Stoxx 50 afin de couvrir nos portefeuilles. Sur le marché des changes, une BCE plus hésitante pourrait soutenir l’euro. La paire EUR/USD est déjà remontée de 1,08 à un niveau juste en dessous de 1,10 au cours du mois écoulé, et cette tendance pourrait se renforcer.