Le Dow Jones Industrial Average s’est stabilisé après la chute de près de 2 % de mercredi, terminant jeudi seulement en léger repli malgré un indice des prix à la production (PPI) à 6,5 % sur un an, des inscriptions au chômage plus élevées et de nouvelles menaces de la Maison-Blanche visant le terminal pétrolier iranien de l’île de Kharg. La séance a été heurtée : une incursion matinale sous 50 000 a été achetée, propulsant l’indice vers 50 350, avant que la publication de 12h30 GMT ne le ramène près de 50 100. Un pic à l’ouverture de New York, juste sous 50 400, s’est rapidement résorbé, laissant le Dow autour de 50 200 à la clôture. Les prix à la production ont progressé de 1,1 % sur un mois pour le deuxième mois consécutif, portant le rythme annuel à 6,5 % contre 6,4 % attendu et 5,7 % précédemment, tandis que le PPI « core » a augmenté de 0,4 % sur un mois contre 0,5 % attendu et est resté à 4,9 % sur un an contre 5,4 % anticipé ; les demandes initiales d’allocations chômage ont grimpé à 229 000, au-dessus des 219 000 attendues, un jour après un CPI ressorti à 4,2 % sur un an.
Le pétrole brut a brièvement reflué vers 89 $ alors même que l’île de Kharg, qui assurait environ 90 % des exportations iraniennes de brut avant-guerre, a été citée comme cible potentielle ; l’US Navy bloque déjà les ports iraniens et le détroit d’Ormuz est en grande partie fermé. Les contrats à terme sur les taux suggèrent un maintien quasi certain lors de la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC), du 16 au 17 juin, avec un nouveau « dot plot » et la première décision sous la présidence de Kevin Warsh à la Réserve fédérale, les marchés arbitrant désormais davantage une hausse plus tard cette année qu’une baisse. Vendredi sera marqué par l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan à 14h00 GMT, avec un moral attendu près de 46 contre 44,8 et des anticipations autour de 44,3 ; les anticipations d’inflation à un an s’établissent à 4,8 % et à cinq ans à 3,9 %. Les niveaux techniques cités incluent des résistances vers 50 350 et juste sous 50 400, tandis que les supports se situent autour de 50 100 puis 50 000, avec un point bas matinal juste sous 49 950, sur fond de Stoch RSI en zone médiane.
Insensibilité du marché face à l’inflation et aux risques de stagflation
Nous assistons à un bras de fer classique où le marché tente d’ignorer des avertissements inflationnistes pourtant très clairs. Un PPI à 6,5 % est un chiffre sérieux, et pourtant le Dow Jones Industrial Average tient bon pour l’instant. Cela suggère qu’un niveau dangereux d’insensibilité s’est installé, créant un ressort comprimé pour une volatilité future.
Le chiffre de 6,5 % sur le PPI est inquiétant et ravive le souvenir de la poussée inflationniste post-pandémie de 2022, lorsque les prix à la production avaient dépassé 11 % sur un an. Parallèlement, les demandes d’allocations chômage, désormais à 229 000, remontent par rapport aux niveaux inférieurs à 215 000 observés il y a seulement quelques mois, alimentant les préoccupations de stagflation. Nous estimons que le marché a tort de se focaliser sur le léger écart du « core » alors que le choc énergétique en données globales est si marqué.
Risques énergétiques géopolitiques et stratégies pilotées par les événements
Le risque géopolitique lié à l’Iran ne peut pas être réduit à un simple affichage, car il se répercute directement sur les prix de l’énergie. Il suffit de se rappeler le début de la guerre en Ukraine en 2022, lorsque les contrats à terme sur le WTI sont passés d’environ 90 $ à plus de 120 $ en quelques semaines. Dans la mesure où le brut évolue déjà près de 89 $, nous devrions acheter des options sur les valeurs énergétiques et les contrats à terme sur le pétrole afin de nous protéger contre un nouveau pic soudain de même nature.
La réunion de la Réserve fédérale la semaine prochaine constitue un risque événementiel majeur, d’autant qu’un nouveau président est aux commandes. Le marché peut intégrer un statu quo, mais le débat a clairement basculé vers la possibilité d’une hausse, à l’image du virage plus restrictif (« hawkish ») de la Fed fin 2023 qui avait pris beaucoup d’acteurs à contre-pied. Nous voyons un intérêt à recourir à des stratégies options de type straddle sur les grands indices, susceptibles de profiter d’un mouvement ample dans un sens comme dans l’autre après l’annonce de la Fed.
Les anticipations d’inflation de l’enquête de l’Université du Michigan, publiées vendredi, constituent le catalyseur immédiat à surveiller. L’histoire montre — comme en juin 2022 — qu’une hausse surprise de ce rapport peut influencer directement la politique de la Fed et déclencher d’importantes corrections de marché. Avec un Dow coincé entre 50 100 et 50 400, un chiffre d’inflation trop élevé pourrait facilement nous ramener vers le support des 50 000, rendant des puts de protection indispensables comme couverture.