Les inscriptions initiales au chômage aux États-Unis ont augmenté à 229 000 lors de la semaine close le 5 juin, dépassant les attentes de 219 000. Ces données indiquent un flux de nouvelles demandes d’allocations chômage supérieur aux prévisions sur la période.
Le dépassement de 10 000 demandes par rapport au consensus renforce l’attention portée aux conditions du marché du travail à court terme, les inscriptions hebdomadaires restant un indicateur très suivi des licenciements. Les marchés évalueront si cette dernière publication n’est qu’un à-coup temporaire ou si elle marque le début d’une tendance plus ferme des demandes.
Signes de faiblesse du marché du travail et défis pour la politique de la Fed
Le chiffre des inscriptions au chômage, plus élevé que prévu, à 229 000, constitue le premier signal significatif de refroidissement du marché du travail observé ce trimestre. Cette donnée nous conduit à réévaluer le récit dominant d’une vigueur économique sans entrave. Nous envisageons désormais que l’économie soit plus fragile qu’on ne le pensait.
Cette faiblesse du marché du travail complique la trajectoire de la Réserve fédérale, d’autant que le rapport CPI de mai a montré une inflation sous-jacente toujours proche de 2,8 %, nettement au-dessus de l’objectif. La Fed se retrouve ainsi prise entre la lutte contre une inflation persistante et le soutien à un marché de l’emploi potentiellement vacillant. Nous estimons que cela accroît la probabilité d’un statu quo sur les taux durant l’été, plutôt que d’une hausse comme certains l’avaient envisagé.
Volatilité de marché et stratégies de positionnement
Compte tenu de cette nouvelle incertitude, nous anticipons une hausse de la volatilité des marchés. Le VIX a déjà progressé à 15,5, et nous pensons qu’il pourrait tester la zone 18-20 dans les prochaines semaines. Nous envisageons d’acheter des options d’achat à court terme sur le VIX ou de mettre en place des straddles sur le SPX afin de tirer parti des mouvements attendus.
Nous nous positionnons également en prévision d’un possible repli des indices actions, qui paraissent étirés à proximité de leurs plus hauts historiques. La situation rappelle la fin 2022, lorsque l’affaiblissement des données avait conduit à une nette revalorisation des prix de marché. En conséquence, nous renforçons progressivement des options de vente de protection sur le SPY et étudions des positions vendeuses tactiques sur les contrats à terme Nasdaq 100.
Le marché intègre désormais une probabilité plus élevée de baisse des taux de la Fed d’ici la fin de l’année, ce qui pèse sur le marché obligataire. Le rendement du Treasury à 10 ans est déjà repassé sous 4,20 % en réaction aux données sur l’emploi. Nous voyons une opportunité à l’achat sur les futures sur Treasuries, tels que le ZN, afin de bénéficier de cette inflexion des anticipations de taux.