Les données de l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis pour la semaine close le 5 juin ont montré que les stocks de pétrole brut ont reculé de 7,228 millions de barils. Cela se compare à des attentes de baisse de 4 millions de barils. La diminution constatée a donc été plus marquée que prévu.
Une demande robuste et des dynamiques offre-demande haussières
Le récent rapport sur les stocks de pétrole brut a fait état d’un déstockage de plus de 7,2 millions de barils, nettement supérieur à la baisse de 4 millions de barils que nous anticipions. Il s’agit d’un signal clairement haussier, suggérant que la demande dépasse l’offre davantage que ce que le marché avait intégré. Cela confirme notre analyse selon laquelle la consommation reste solide à l’approche du pic saisonnier de la demande estivale.
Ce chiffre ne s’inscrit pas dans un contexte isolé. D’après les dernières statistiques hebdomadaires, la demande américaine d’essence progresse déjà de 2,5% sur un an, et l’AAA prévoit un record de déplacements pour la fête nationale du 4 juillet. Cette vigueur de la demande constitue un puissant soutien aux prix du brut dans les prochaines semaines. Le déstockage plus important qu’attendu est probablement le début d’une tendance, plutôt qu’un événement ponctuel.
Du côté de l’offre, la discipline de l’Opep+ semble se maintenir, le groupe ne signalant aucun projet immédiat d’augmentation des quotas de production. Parallèlement, les dernières données de Baker Hughes montrent que le nombre de plateformes pétrolières aux États-Unis est resté stable, indiquant que les producteurs de schiste n’accélèrent pas agressivement leur production. Cette combinaison d’une demande soutenue et d’une offre contrainte crée un environnement très favorable à une hausse des prix du pétrole.
Stratégies sur options et positionnement de marché
Compte tenu de ces perspectives, nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) afin de nous positionner sur une hausse des prix du WTI. Plus précisément, nous estimons que les échéances août avec des prix d’exercice autour de 90 et 95 dollars par baril offrent un profil risque/rendement attractif. Cela permet de capter l’appréciation attendue des prix au cœur de la saison estivale des déplacements automobiles.
Pour ceux qui souhaitent réduire les coûts initiaux, nous étudions également des spreads haussiers sur calls (bull call spreads). En vendant un call à un prix d’exercice plus élevé, par exemple l’août 100 dollars, en face de l’achat du call août 90 dollars, nous pouvons diminuer la prime déboursée. Cette stratégie permettrait toujours de profiter d’une hausse jusqu’à 100 dollars, tout en encadrant le risque.
Cette configuration de marché rappelle le rally observé à la mi-2022, même si les niveaux de volatilité actuels ne sont pas encore aussi extrêmes. L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX) évolue autour de 34, un niveau élevé mais pas prohibitif pour mettre en place ces positions. Nous jugeons prudent d’agir dès maintenant, avant qu’une éventuelle accélération des prix n’entraîne une hausse significative des primes d’options.