Les actions américaines ont connu de fortes oscillations, sur fond de chute marquée intrajournalière de la technologie, dont l’essentiel a été effacé en clôture. Le S&P 500 a terminé en baisse de 0,26%, après avoir cédé jusqu’à 2,27% dans ses plus bas, tandis que le NASDAQ a reculé de 0,97%. Les valeurs technologiques à méga-capitalisation ont sous-performé, les « Mag-7 » perdant 1,29%, et l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie a lâché 1,93% après avoir décroché plus tôt jusqu’à 8,62%.
Hors technologie, la largeur de marché s’est montrée plus solide : près des trois quarts des composantes du S&P 500 ont terminé en hausse et l’indice à pondération égale a progressé de 0,76%, signalant une rotation vers des secteurs plus défensifs. Dans les indicateurs de préouverture, les futures sur S&P 500 reculaient de 0,28% et ceux sur NASDAQ 100 de 0,45%. En Europe, les marchés ont clôturé avant le rebond tardif aux États-Unis, mais une exposition plus faible aux puces et à l’ensemble du secteur tech a permis au CAC 40 de gagner 0,05% et au FTSE MIB de progresser de 0,11%.
Rotation du leadership et début d’un mouvement sur plusieurs semaines
Nous observons une fissure nette dans le leadership du marché : à une vente massive de la tech a répondu des achats sur d’autres segments. Cette rotation hors des valeurs les plus « surchauffées » est l’enseignement principal, d’autant que le Nasdaq 100 a déjà progressé de plus de 25% depuis janvier 2026, ce qui le rend vulnérable à des prises de bénéfices. Nous pensons qu’il ne s’agit pas d’un phénomène d’une journée, mais du début d’un déplacement qui pourrait s’étaler sur plusieurs semaines, et que les produits dérivés peuvent aider à traverser.
Compte tenu de la faiblesse marquée des semi-conducteurs et de la tech à méga-capitalisation, nous envisageons des spreads de puts de protection sur des indices très exposés à la technologie. Cette stratégie permet de se couvrir contre un nouveau repli, tandis que le niveau élevé de volatilité implicite rend la vente de prime attractive pour amortir le coût. Par exemple, acheter des puts sur l’ETF SOXX, qui réplique les semi-conducteurs, pourrait s’avérer prudent, le secteur donnant souvent le ton lors des phases de repli plus larges de la technologie.
Couverture stratégique et opportunités dans les secteurs défensifs
Le brusque mouvement intrajournalier d’hier a vu le VIX, baromètre de la peur, brièvement grimper à 22 avant de revenir autour de 18. Cela suggère une hausse de la turbulence sous-jacente, ce qui en fait un moment propice pour acheter de la protection lors des prochaines séances plus calmes. Nous voyons de la valeur à détenir des options d’achat sur le VIX ou des straddles de maturité plus longue sur le S&P 500 afin de se positionner pour une possible remontée de la volatilité au cours de l’été.
Cette rotation vers les secteurs défensifs, confirmée par la vigueur de l’indice à pondération égale, est là où nous identifions des opportunités haussières. Cette configuration rappelle la fin 2021, lorsque les valeurs « value » et défensives ont commencé à surperformer la croissance. Les données de flux sur le dernier mois montrent déjà une hausse de 15% des flux vers les ETF des services aux collectivités (utilities) et des biens de consommation de base ; nous cherchons donc à acheter des options d’achat sur des véhicules comme XLU et XLP afin de tirer parti de ce mouvement.