Le solde commercial des biens des États-Unis s’est dégradé en avril, le déficit s’étant creusé à -83,7 Mds$ contre -82,4 Mds$ sur la période précédente. Ce mouvement suggère un écart légèrement plus important entre les exportations et les importations de biens sur le mois.
Lors de la dernière publication, le solde est resté en territoire négatif, indiquant que les importations ont continué de dépasser les exportations. Le chiffre d’avril prolonge ainsi la tendance à un déficit commercial des biens, en s’éloignant légèrement des niveaux de mars.
Perspectives de croissance et implications pour les marchés d’actifs
Nous constatons que le déficit commercial des biens d’avril s’élargit à -83,7 milliards de dollars, ce qui pourrait peser sur la croissance économique au deuxième trimestre. Cela fait suite aux données récentes du modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta, qui a révisé la semaine dernière sa prévision de croissance pour le T2 2026 de 1,8% à 1,4%. Cette dynamique suggère que l’économie américaine pourrait ralentir plus rapidement qu’anticipé.
Dans ce contexte, nous anticipons une poursuite de la faiblesse du dollar américain. Un déficit qui se creuse augmente généralement l’offre de la monnaie d’un pays sur le marché des changes. Nous envisageons donc d’acheter des options de vente (puts) sur l’Invesco DB US Dollar Index Bullish Fund (UUP) ou de vendre des contrats à terme USD à échéance septembre contre un panier de grandes devises.
Ce signal conjoncturel nous rend également prudents sur les actions, car un ralentissement de la croissance pourrait affecter les bénéfices des entreprises. Nous examinons l’achat d’options de vente hors de la monnaie sur le SPDR S&P 500 ETF (SPY) avec des échéances en août, afin de nous couvrir contre un possible repli du marché. Historiquement, des périodes de données commerciales anormalement faibles, comme fin 2022, ont précédé des phases de volatilité accrue.
L’incertitude liée au ralentissement de la croissance, surtout avec une Fed qui maintient encore ses taux inchangés, laisse penser que la volatilité pourrait remonter. L’indice CBOE de volatilité (VIX) évolue actuellement près d’un point bas autour de 14,5, un niveau que nous jugeons peu coûteux. Nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) sur le VIX pour juillet constitue une stratégie prudente pour profiter d’une éventuelle hausse de l’aversion au risque.
Politique monétaire et impact sur les matières premières
Ces données pourraient inciter la Réserve fédérale à adopter un ton plus accommodant lors de ses prochaines réunions. Nous nous positionnons donc en faveur d’une baisse des taux longs via l’achat de contrats à terme sur les T-Notes américaines à 10 ans (ZN). Si les prochains rapports d’inflation pour mai, attendus la semaine prochaine, confirment également un refroidissement, ces positions devraient gagner en rentabilité.
Pour les matières premières, les implications sont doubles. Un ralentissement de l’économie américaine pourrait réduire la demande de métaux industriels, ce qui nous amène à envisager des positions vendeuses sur les contrats à terme sur le cuivre. À l’inverse, un dollar plus faible et l’incertitude économique sont généralement favorables à l’or ; nous évaluons donc des options d’achat sur le SPDR Gold Shares (GLD).