Les actions américaines se sont stabilisées après la vague de ventes de vendredi, portées par un rebond des segments qui avaient le plus chuté. Le Nasdaq a progressé de 0,86 %, tandis que l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie a bondi de 5,61 % et a regagné environ la moitié de sa baisse de 10,26 % de la séance précédente. Le ton d’ensemble est toutefois resté prudent. Le S&P 500 a pris 0,30 % mais n’a effacé qu’une faible part de son repli de 2,64 %, et près des deux tiers de ses composantes ont terminé en baisse, la technologie et l’énergie étant les seuls secteurs à afficher des gains nets.
Le leadership des méga-capitalisations ne s’est pas non plus réimposé. Le « Mag-7 » a cédé 0,06 %, Apple reculant de 1,89 % après une réception tiède par le marché de sa dernière plateforme d’IA. La faiblesse était plus marquée en Europe, où le potentiel de rebond limité et une exposition plus élevée à la hausse des prix du pétrole ont pesé sur les indices. Le STOXX 600 a reculé de 0,15 % pour une deuxième séance consécutive, tandis que le DAX a perdu 0,58 % et le CAC 40 0,23 % ; à l’inverse, le FTSE MIB italien a gagné 0,63 %.
Divergence de marché et volatilité
Le marché affiche une divergence significative, qu’il convient de mettre à profit. Le rebond étroit mené par les semi-conducteurs, alors que le S&P 500 et le Mag-7 restent à la traîne, suggère un sentiment scindé. Nous estimons que les intervenants sur dérivés devraient privilégier des stratégies permettant d’isoler ces poches de force et de faiblesse, le VIX se maintenant au-dessus de 18, signe d’une anxiété de fond toujours élevée.
Cette prudence est justifiée par des données économiques récentes qui incitent la Réserve fédérale à temporiser. Le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) de mai 2026 s’est établi à 3,1 %, légèrement au-dessus des 2,9 % attendus par Wall Street. En conséquence, les contrats à terme sur les Fed funds n’intègrent plus qu’une probabilité de 25 % d’une baisse de taux d’ici septembre, contre plus de 50 % le mois dernier.
Opportunités dans les semi-conducteurs et prudence sur les méga-caps
Pour les semaines à venir, nous voyons des opportunités dans l’espace des semi-conducteurs. Le rebond de +5,61 % du secteur est étayé par des fondamentaux solides : la Semiconductor Industry Association a récemment fait état d’une hausse de 4,5 % sur un mois des ventes mondiales en avril 2026. Les traders pourraient envisager l’achat d’options d’achat (calls) sur des ETF de semi-conducteurs afin de capter cette force ciblée sans s’exposer au marché large, plus fragile.
À l’inverse, les difficultés de leaders de marché comme Apple offrent une opportunité de couverture ou de prises de position baissières. La réaction modérée à sa nouvelle plateforme d’IA suggère que les attentes des investisseurs sur certains noms de la tech à très grande capitalisation pourraient être trop élevées. Nous étudions l’achat de spreads de vente (put spreads) sur certaines grandes valeurs technologiques affichant une faiblesse relative, afin de se protéger contre un repli supplémentaire.
Ce type de leadership de marché étroit — quelques secteurs en hausse alors que la majorité des titres reculent — présente des parallèles historiques. Un schéma comparable avait été observé à la fin des années 1990, avant l’éclatement de la bulle internet, lorsqu’une poignée de « chouchous » technologiques tirait les indices vers le haut. Par conséquent, nous recommandons de recourir aux options pour encadrer clairement le risque, plutôt que de prendre des positions longues larges et non couvertes dans cet environnement incertain.