L’indice du dollar américain (DXY), qui suit le dollar américain (USD) face à six grandes devises, est resté atone pour une deuxième séance et a évolué autour de 100,00 lors des échanges asiatiques mardi. Le billet vert s’est détendu après que l’Iran et Israël ont convenu de cesser leurs attaques réciproques, à la suite d’un appel du président américain Donald Trump, ce qui a ravivé l’espoir que des pourparlers de paix puissent progresser.
L’incertitude autour du cessez-le-feu continue toutefois d’assombrir les perspectives. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la guerre contre l’Iran et le Hezbollah n’était pas encore terminée, tandis que l’armée iranienne a affirmé avoir cessé ses frappes contre Israël et que son commandement central a averti d’une riposte plus sévère si les attaques se poursuivent, y compris dans le sud du Liban. Par ailleurs, les tensions géopolitiques, combinées à de solides chiffres de l’emploi américain, ont ravivé les craintes inflationnistes et renforcé les anticipations de hausses de taux de la Réserve fédérale — un contexte qui tend à réduire l’attrait de l’argent, actif sans rendement. Selon le CME FedWatch, la probabilité d’une hausse de 25 points de base au trimestre de décembre s’établit à 42%, contre 14% un mois plus tôt, alors que les marchés attendent l’indice des prix à la consommation (CPI) mercredi et l’indice des prix à la production (PPI) jeudi pour des indications sur la prochaine décision de la Fed.
Vigueur du dollar et tensions géopolitiques : un biais haussier soutenu
L’indice du dollar américain se maintient autour de 105,20, affichant une certaine solidité après le rapport sur l’emploi de vendredi dernier, qui a montré une hausse de 272 000 créations de postes en mai, nettement supérieure aux attentes. Nous y voyons le signe que le dollar dispose d’un socle robuste, dans la mesure où la vigueur du marché du travail atténue, à court terme, les appels à des baisses de taux. Cela instaure un ton prudent pour les produits dérivés sensibles aux anticipations de taux.
L’incertitude est alimentée par la persistance des frictions géopolitiques, tant au Moyen-Orient qu’en Europe de l’Est. Toute escalade renforcerait probablement l’attrait du dollar en tant que valeur refuge, créant un potentiel de hausse pour les options d’achat (calls) sur le DXY. Nous surveillons de près ces développements, car un mouvement soudain de fuite vers la sécurité pourrait, à court terme, prendre le pas sur les données macroéconomiques domestiques.
Recalibrage des anticipations de politique de la Fed et implications pour les marchés d’actifs
La solidité des chiffres de l’emploi a profondément modifié les anticipations concernant la politique de la Réserve fédérale. L’outil CME FedWatch indique désormais que la probabilité d’une baisse de taux d’ici septembre est tombée à environ 50%, contre près de 70% il y a à peine une semaine. Ce repricing rapide suggère que les positions misant sur un pivot accommodant de la Fed doivent être réévaluées.
Dans ce contexte, notre attention se porte désormais sur la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) américain cette semaine. Un chiffre d’inflation élevé conforterait le scénario de taux « plus élevés plus longtemps » et pourrait propulser le dollar à la hausse, rendant des positions vendeuses sur des paires comme EUR/USD ou AUD/USD plus attractives. La réaction du marché à cette seule statistique pourrait être considérable.
Cet environnement est particulièrement difficile pour les actifs sans rendement comme l’or, qui a reflué vers 2 300 dollars l’once. Historiquement, lors du cycle agressif de hausses de taux de la Fed en 2022-2023, l’appréciation du dollar a constitué un vent contraire significatif pour les métaux précieux. Nous estimons que des options de vente (puts) sur des ETF adossés à l’or ou à l’argent pourraient constituer une couverture utile si l’inflation demeure obstinément élevée.