Les marchés se positionnent en vue d’une hausse de taux de la BCE jeudi, laissant la direction de l’euro dépendre du message du Conseil des gouverneurs sur les étapes suivantes et de la manière dont il présentera les risques de croissance pour l’EUR/USD. Le contenu indique que les décideurs ont peu de chances de s’engager dans un cycle de resserrement prolongé, ce qui pourrait plafonner la devise et entraîner une certaine modération du positionnement, jusqu’ici alimenté par l’écart entre les anticipations sur la BCE et celles concernant ses homologues.
L’euro est décrit comme évoluant autour des niveaux retenus dans les trois dernières Projections des services de la BCE, ce qui signifie que le taux de change ne devance plus les hypothèses de la banque centrale pour 2025. Il est ajouté que la récente poussée des anticipations hawkish n’a pas soutenu la devise, ni en niveau ni via le positionnement, l’euro étant toujours qualifié de sous-détenu dans iFlow. Sur cette base, l’article estime qu’un EUR modestement plus faible aiderait les exportateurs.
L’attention se déplace vers les indications prospectives dans un contexte de risques sur la croissance
Une hausse de 25 points de base de la Banque centrale européenne ce jeudi est intégralement intégrée dans les prix ; nous ne nous focalisons donc pas sur la décision en tant que telle. L’événement clé sera le guidage prospectif, car nous estimons que les inquiétudes sur la croissance économique empêcheront le Conseil des gouverneurs de s’engager dans un cycle de resserrement prolongé. Les données récentes montrant le PMI manufacturier de la zone euro retomber à 49,5 confortent cette lecture prudente, en donnant à la banque centrale un motif de pause.
L’euro évolue déjà autour des niveaux que la BCE avait précédemment projetés, de sorte que la banque n’a plus à « rattraper » une devise trop forte. Avec un reflux de l’inflation globale à 2,1% en mai, l’urgence d’une action agressive s’est estompée, et un euro légèrement plus faible serait vraisemblablement bienvenu pour soutenir le secteur exportateur. Cela explique pourquoi les récentes anticipations hawkish n’ont apporté aucun soutien significatif au taux de change EUR/USD.
Implications de trading : hausse accommodante et stratégies options
Pour les intervenants sur produits dérivés, cela met en place un scénario classique de « hausse accommodante » (dovish hike), dans lequel la devise pourrait se déprécier même si les taux augmentent. Nous voyons de la valeur à acheter des options de vente (puts) EUR/USD à court terme afin de se positionner sur un repli potentiel après la conférence de presse. Étant donné que la volatilité implicite est élevée avant la réunion, la vente de spreads de calls hors la monnaie peut également constituer une stratégie attractive pour tirer parti d’un potentiel de hausse plafonné.
Cet environnement rappelle la fin 2024, lorsqu’une hausse de taux largement anticipée avait été suivie d’une baisse de la devise sur fond de perspectives économiques prudentes. Par ailleurs, les dernières données de la CFTC montrent que les positions longues nettes spéculatives sur l’euro reculent depuis trois semaines consécutives. Cela indique que la conviction est déjà faible et que la devise dispose de peu de soutien sous-jacent pour absorber un message accommodant de la part des décideurs.