La croissance des importations australiennes en rythme mensuel a nettement ralenti en avril, retombant à 0,8 % après 14,1 % le mois précédent. Cette évolution signale une perte de vitesse rapide des flux commerciaux entrants après l’envolée de mars.
La dernière statistique montre que les importations progressent toujours sur un mois, mais à un rythme bien plus modéré qu’en début de trimestre. Aucun détail supplémentaire par catégorie ou par valeur n’a été communiqué avec les chiffres de synthèse.
Implications pour la politique monétaire et le dollar australien
La forte baisse de la croissance des importations en rythme mensuel constitue un signal clair de ralentissement de la demande intérieure. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement, mais d’un net coup de frein, suggérant que ménages et entreprises resserrent leurs dépenses. Nous estimons que ce point de données, à lui seul, réduit fortement la probabilité de nouvelles hausses de taux de la Banque de réserve d’Australie (RBA) cette année.
Dans ce contexte, nous nous positionnons en faveur d’un dollar australien plus faible dans les prochaines semaines. Cette vue est confortée par des données récentes montrant l’indice PMI manufacturier Caixin en Chine en repli à 50,9, un ralentissement qui pèse sur la demande de matières premières australiennes. Nous cherchons à acheter des options de vente (puts) sur l’AUD/USD avec un prix d’exercice inférieur au seuil de 0,6500, en anticipant un possible test des plus bas annuels.
Stratégie sur les obligations et les actions face au ralentissement
Ce refroidissement de l’activité rend également les obligations souveraines australiennes attractives. Alors que l’inflation australienne s’est récemment modérée à 3,6 % en rythme annuel au premier trimestre, l’argumentaire en faveur d’une RBA restrictive s’effrite. Nous voyons de la valeur dans l’achat de contrats à terme sur emprunts d’État à 3 ans et 10 ans, le marché étant susceptible d’intégrer progressivement un biais plus accommodant, voire l’éventualité de baisses de taux début 2027.
Du côté des actions, une économie en ralentissement constitue un vent contraire pour l’ASX 200, en particulier pour les valeurs de consommation discrétionnaire et industrielles. Historiquement, une décélération marquée des indicateurs économiques, comme celle de mi-2022, a précédé une phase de volatilité accrue des marchés. Nous envisageons donc des spreads de puts de protection sur l’indice XJO afin de couvrir notre exposition acheteuse.