La Réserve fédérale a publié mercredi son Beige Book, destiné au Federal Open Market Committee dans le cadre de ses délibérations de politique monétaire, en s’appuyant sur les remontées des 12 districts de la Fed afin d’évaluer la conjoncture. L’activité économique a progressé à un rythme faible à modéré dans dix des douze districts, tandis qu’un district a fait état d’un léger recul et un autre d’une stabilité.
S’agissant de l’inflation, le rapport indique que les prix ont augmenté à un rythme modéré à soutenu dans l’ensemble, et que la plupart des districts ont observé une accélération des hausses de prix par rapport à l’édition précédente. L’emploi est décrit comme ayant peu ou pas évolué dans onze des douze districts, le district restant enregistrant une progression modeste. Les anticipations des entreprises pour les six prochains mois sont rapportées comme globalement inchangées.
Risques de stagflation et incertitude de marché
Nous interprétons le dernier rapport comme le signal d’un environnement stagflationniste, où une croissance molle se combine à une inflation persistante. Cette combinaison constitue un défi majeur pour la Réserve fédérale et accroît l’incertitude sur les marchés. La Fed est prise entre la nécessité de juguler l’inflation et celle d’éviter une récession, ce qui rend sa trajectoire de politique monétaire difficile à anticiper.
Cette lecture est confortée par des données récentes montrant que l’indice des prix à la consommation (CPI) de mai 2026 reste élevé à 3,8 %, bien au-dessus de l’objectif de la Fed. Dans le même temps, les créations d’emplois du mois dernier n’ont atteint que 150 000, tandis que le taux de chômage est remonté à 4,1 %. Ces chiffres confirment le tableau dressé par le rapport : un marché du travail qui ralentit, sur fond de pressions persistantes sur les prix.
Dans ce contexte d’incertitude accrue, nous estimons que la volatilité implicite est trop basse. L’indice de volatilité du CBOE (VIX), qui évolue actuellement autour de 19, ne reflète pas pleinement le potentiel de mouvements brusques des marchés en lien avec les prochaines décisions de la Fed. Nous envisageons donc d’acheter des options d’achat (calls) sur le VIX ou de mettre en place des straddles longs sur les principaux indices afin de tirer parti d’une hausse attendue de la volatilité.
Positionnement défensif sur les taux, les actions et les devises
Sur les dérivés de taux, le rapport réduit à néant les espoirs de baisses imminentes de taux. Nous anticipons que la Fed conservera une posture « plus élevés plus longtemps » et nous nous positionnons en ce sens en vendant des contrats futures de taux courts, notamment ceux indexés sur le SOFR. Cette stratégie bénéficiera d’un repricing du marché intégrant moins de baisses de taux fin 2026 et début 2027.
Sur le marché des options actions, le risque est clairement orienté à la baisse, car des taux élevés et une croissance faible pèsent sur les bénéfices des entreprises. Nous renforçons la protection contre une baisse en achetant des spreads de puts sur le S&P 500 et le Nasdaq 100. Ces positions offrent une couverture à coût maîtrisé contre une correction de marché au cours des prochaines semaines.
La situation présente des parallèles historiques avec la fin des années 1970, lorsque une inflation tenace avait contraint la Fed à maintenir une politique restrictive malgré l’affaiblissement de l’économie. Durant cette période, le dollar américain s’était nettement apprécié sous l’effet de taux d’intérêt élevés. En conséquence, nous envisageons également l’achat d’options d’achat (calls) sur l’indice du dollar américain (DXY) comme stratégie défensive.