Le PIB de l’Australie a progressé de 0,3 % t/t au 1T26, en net ralentissement après +0,9 % t/t au 4T25 (chiffre révisé, précédemment annoncé à +0,8 % t/t). Ce coup de frein est attribué à une progression modeste des dépenses des ménages et du secteur public, ainsi qu’aux perturbations liées à des cyclones, qui ont affecté la production minière et l’activité d’exportation. L’investissement des entreprises est jugé solide, mais insuffisant pour compenser la faiblesse des dépenses publiques, l’effet négatif du commerce extérieur et l’impact du choc météorologique.
Les données signalent un essoufflement en début d’année, avec une demande intérieure plus irrégulière et un environnement externe moins porteur. La dépense publique se replie, tandis que les contraintes d’offre liées aux intempéries ajoutent un risque baissier à l’activité à court terme. Le commerce extérieur a pesé sur la croissance, même si les exportations de matières premières devraient apporter un certain soutien, alors que la politique restrictive continue de peser sur les ménages, faisant de la demande intérieure le principal facteur de freinage.
Perspectives de politique monétaire et vulnérabilité du dollar australien
Avec une croissance du PIB australien ramenée à seulement 0,3 % au premier trimestre, nous y voyons la confirmation que la politique restrictive produit ses effets. Le taux directeur de la Reserve Bank of Australia (RBA), actuellement à 4,35 %, semble désormais peu susceptible d’être relevé davantage cette année. Ces données faibles, tirées par une demande intérieure atone, confortent notre scénario selon lequel le prochain mouvement de la RBA a davantage de chances d’être une baisse qu’une hausse.
Nous estimons que le dollar australien est particulièrement vulnérable dans les prochaines semaines, à mesure que les différentiels de taux avec les États-Unis redeviennent un point d’attention majeur. Nous envisageons d’augmenter nos positions vendeuses sur les contrats à terme AUD/USD, en anticipant un repli vers la zone de 0,6400. Historiquement, un ralentissement marqué de la croissance domestique, même avec des prix des matières premières favorables, a régulièrement pesé sur la devise.
Implications de marché : taux et actions
Le marché des dérivés de taux devrait intégrer ce pivot plus accommodant. Nous chercherons à nous positionner en faveur d’une baisse des taux en surveillant les contrats à terme sur les obligations d’État australiennes à 3 ans, très sensibles aux anticipations de politique monétaire de la RBA. Le marché des swaps indexés sur l’overnight (OIS) s’est déjà ajusté en intégrant une probabilité de 40 % d’une baisse de taux d’ici décembre, en forte hausse par rapport aux 15 % implicitement anticipés le mois dernier.
Côté actions, la faiblesse de la demande intérieure constitue un vent contraire important pour les valeurs exposées à la consommation et les financières. Nous voyons un intérêt à acheter des options de vente (puts) sur le S&P/ASX 200 (XJO) ou à vendre des contrats à terme sur l’indice SPI 200 afin de se couvrir contre un risque de repli. Les dernières données de ventes au détail faisaient déjà apparaître une baisse de 0,4 % en glissement mensuel, et ce rapport sur le PIB suggère que cette tendance de fragilité du consommateur devrait se poursuivre.