Les contrats à terme sur le DJIA se sont redressés après un repli initial vers 50 800 en Europe, repassant au-dessus de 51 000, avec un bref passage au-delà de 51 100 avant de se tasser à l’approche de l’ouverture de Wall Street. Le mouvement a maintenu les contrats proches du ton de la séance au comptant de lundi, lorsque le S&P 500 a clôturé sur un record et que le Nasdaq Composite a surperformé, tandis que le VIX évoluait autour de 16. Sur l’énergie, le Brent a bondi de plus de 7% en séance lundi sur fond de menaces autour du détroit d’Ormuz avant de réduire ses gains à environ 5%, puis a reflué vers 94 dollars mardi; le WTI évoluait près de 92 dollars.
Les messages géopolitiques divergeaient. Les médias d’État iraniens ont indiqué que Téhéran avait suspendu les discussions avec les médiateurs concernant l’offensive d’Israël au Liban, et des médias semi-officiels ont ensuite rapporté que les communications s’étaient arrêtées après des menaces de bombarder Beyrouth, tandis que des responsables américains affirmaient que les négociations restaient actives. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat que les discussions se poursuivaient via des intermédiaires et a évoqué une filière négociée par le Pakistan à Islamabad, parallèlement à des discussions sur une réouverture d’Ormuz, un allègement limité des sanctions et des pourparlers nucléaires sous conditions. Par ailleurs, les offres d’emploi JOLTS d’avril se sont établies à 7,618 millions contre un consensus à 6,88 millions, avant l’ISM Services PMI, l’ADP, le Beige Book de la Fed et le rapport NFP de vendredi, attendu à 85 000 contre 115 000 précédemment, avec un taux de chômage anticipé à 4,3%.
Complacence du marché et opportunités de couverture tactique
Le marché ignore d’importants signaux d’alerte géopolitiques, le VIX restant proche de 16. Cela suggère une certaine complaisance, rendant les options de vente (puts) de protection sur des indices comme le SPX anormalement bon marché en ce moment. Nous y voyons un moyen peu coûteux de se couvrir contre un retournement soudain si le marché devait intégrer un risque réel.
Le face-à-face autour du détroit d’Ormuz constitue le risque le plus immédiat, puisqu’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole y transite chaque jour. Même si les prix du pétrole se sont détendus autour de 94 dollars, nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) sur des valeurs énergétiques ou sur les contrats à terme pétroliers est une manière directe de miser sur une escalade de ces tensions. Un véritable scénario de fermeture ferait paraître faible la récente flambée des prix.
Données sur l’emploi, niveaux clés et stratégies sur la volatilité
Nous surveillons également de très près le rapport sur l’emploi de vendredi, après un chiffre JOLTS étonnamment solide faisant état de plus de 7,6 millions d’offres d’emploi. Le consensus table sur un faible ajout de 85 000 emplois, mais un chiffre plus élevé remettrait en cause le récit selon lequel la Fed disposerait d’une marge pour assouplir sa politique. Cela pourrait créer un choc, ce qui ferait des puts de courte maturité une stratégie tactique à l’approche de la publication.
Tout s’articule autour du niveau des 51 000 points sur le Dow. Compte tenu des signaux contradictoires, nous regardons des stratégies comme les straddles ou les strangles, qui profitent d’un mouvement marqué dans un sens comme dans l’autre. Cela évite d’avoir à deviner l’issue des négociations géopolitiques ou du rapport sur l’emploi, tout en se positionnant sur une rupture possible de cette complaisance.