Les prix du pétrole continuent d’osciller au gré des gros titres changeants sur le dossier États‑Unis–Iran, après de nouveaux signes d’un possible nouvel échec des discussions qui ont soutenu le brut. Les messages contradictoires en provenance de Washington maintiennent le marché en alerte, les cours réagissant à répétition à des variations rapides du récit autour des négociations.
Les risques géopolitiques et liés à l’offre ont également accentué la volatilité. L’Iran a proféré des menaces contre des navires transitant par le détroit de Bab el‑Mandeb, étroit goulet d’étranglement de la mer Rouge par lequel transite une part importante des expéditions énergétiques mondiales, tandis que l’Arabie saoudite a réorienté une quantité significative de ses exportations de brut du golfe Persique vers l’itinéraire de la mer Rouge. Par ailleurs, la Russie a interdit les exportations de kérosène jusqu’à fin novembre après une hausse des attaques de drones ukrainiens visant les infrastructures énergétiques ; la Russie demeure un exportateur marginal de kérosène, avec des expéditions d’environ 30 kb/j.
Volatilité accrue du marché pétrolier sous l’effet des risques géopolitiques
Nous constatons que les prix du pétrole sont ballottés par les titres, en particulier ceux concernant les États‑Unis et l’Iran. L’indice de volatilité du pétrole brut de la CBOE (OVX) a progressé de plus de 15 % au cours des deux dernières semaines, reflétant cette nervosité du marché. Cela laisse penser que tout échec des discussions continuera probablement de pousser les prix à la hausse à court terme.
Nous suivons de près les menaces iraniennes visant les navires dans le détroit de Bab el‑Mandeb, un point de passage pour plus de 6 millions de barils de pétrole par jour. Historiquement, même des perturbations limitées sur des routes maritimes clés — comme lors des événements dans le détroit d’Ormuz en 2019 — ont provoqué des envolées immédiates des prix de 5 à 10 %. Le marché ne valorise pas pleinement le risque d’une fermeture, ce qui crée une opportunité potentielle.
Approches stratégiques et durcissement des fondamentaux
Dans cet environnement imprévisible, nous estimons que la détention de positions longues sur la volatilité constitue la stratégie prudente pour les prochaines semaines. L’achat d’options d’achat hors‑la‑monnaie ou de spreads haussiers (bull call spreads) sur le WTI ou le Brent, avec des échéances juillet et août 2026, pourrait offrir un moyen efficace de s’exposer à la hausse. Cette approche limite le risque tout en tirant parti des mouvements de prix marqués qui suivent chaque nouveau titre.
L’interdiction russe d’exporter du kérosène, bien que de portée limitée, ajoute de la tension à un marché que nous jugeons déjà sous contrainte. Les données récentes montrant une baisse des stocks mondiaux de pétrole pour la troisième semaine consécutive confirment qu’il existe peu de marge de manœuvre dans le système. Dans ce contexte, même des perturbations modestes de l’offre peuvent avoir un impact disproportionné sur les prix, ce qui renforce notre biais haussier.