La dernière enquête ISM sur l’industrie manufacturière suggère que l’économie américaine reste résiliente, malgré la persistance des incertitudes au Moyen-Orient. L’indice global a progressé à 54,0 en mai, un plus haut de quatre ans, et la diffusion s’est améliorée, quatre des cinq sous-indices entrant dans la mesure d’ensemble ayant augmenté. Les nouvelles commandes se sont également raffermies, signalant une dynamique de l’activité industrielle en dépit du contexte géopolitique.
Dans le cadre du composite d’inflation américaine de MUFG, l’indice ISM des prix payés dans l’industrie demeure un intrant central, et la dernière publication correspond à un choc de +2 écarts-types en base glissante sur deux ans, ce qui tire le composite vers le haut. L’énergie et les intrants manufacturiers continuent d’être les principales sources de pression sur les prix : des cours du pétrole et des matières premières élevés entretiennent l’inflation en amont, tandis que la dynamique salariale domestique est décrite comme contenue. Ce cocktail complique l’arbitrage de politique monétaire de la Réserve fédérale.
Perspectives sur les taux et positionnement de marché
Compte tenu de la vigueur surprenante du secteur manufacturier américain, nous estimons que le marché sous-valorise le risque que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés plus longtemps que prévu. L’ISM de mai a atteint 54,0, un plus haut de quatre ans, ce qui traduit une économie capable d’encaisser une politique restrictive. Nous ajustons donc nos positions sur les swaps de taux d’intérêt afin d’intégrer un nombre moindre de baisses de taux anticipées au second semestre.
Cette divergence entre une économie résiliente et une inflation tenace devrait accentuer l’irrégularité des marchés. Le VIX, qui évolue à proximité d’un plancher autour de 14, paraît trop complaisant au regard d’un possible changement de cap de la Fed. Nous voyons une opportunité dans l’achat d’options d’achat à courte échéance sur le VIX afin de se couvrir — ou de tirer parti — d’un épisode soudain de remontée de la volatilité.
Pressions inflationnistes et allocation d’actifs
Les pressions en amont liées à l’énergie et aux matières premières demeurent une préoccupation majeure, alimentant directement l’inflation. Avec un WTI solidement au-dessus de 85 dollars le baril — un niveau inédit depuis la fin de l’an dernier — nous anticipons des coûts d’intrants durablement élevés pour les entreprises. En conséquence, nous privilégions des stratégies de bull call spreads sur des ETF du secteur de l’énergie afin de capter cette vigueur persistante.
Un scénario de Fed plus « hawkish » est, sur le fond, favorable au dollar américain. Alors que d’autres banques centrales, comme la BCE, entament leurs cycles d’assouplissement, l’élargissement du différentiel de taux devrait orienter les flux de capitaux vers le billet vert. Nous voyons de la valeur à se positionner long dollar contre euro, en anticipant que l’indice DXY testera ses plus hauts depuis le début de l’année.
Les dernières données d’IPC confortent cette lecture, l’inflation sous-jacente s’établissant à un niveau élevé de 3,8%, inversant le mouvement de détente observé en avril. Cela rappelle des cycles passés où la banque centrale a dû repousser des baisses de taux initialement envisagées, face à une activité économique plus robuste que prévu. Les traders doivent se méfier des stratégies trop fortement dépendantes d’un assouplissement imminent de la Fed.