Le président américain Donald Trump a déclaré lundi à ABC News qu’il s’attendait à un accord avec l’Iran « au cours de la semaine prochaine » afin de prolonger le cessez-le-feu et de rouvrir le détroit d’Ormuz. Ces propos sont intervenus après son intervention visant à empêcher une escalade impliquant les forces israéliennes et le Hezbollah au Liban, à l’issue de discussions qui, selon lui, laissent encore certains détails en suspens.
Trump a indiqué avoir appelé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et lui avoir demandé de ne pas donner suite à un raid majeur sur Beyrouth, ajoutant que des troupes israéliennes avaient fait demi-tour. Le Hezbollah a ensuite revendiqué plusieurs attaques contre des cibles israéliennes dans le sud du Liban, tandis que l’armée israélienne a déclaré avoir intercepté deux projectiles tirés depuis le Liban vers le territoire israélien. Sur les marchés, le West Texas Intermediate gagnait 4,35% sur la séance, à 90,65 dollars au moment de la rédaction.
Incertitude du marché et réaction de la volatilité
Au vu des informations contradictoires, nous estimons que le marché est porté par l’incertitude, et non par l’optimisme. Les déclarations du président suggèrent une désescalade, mais la poursuite des actions militaires et les divergences avec des alliés racontent une autre histoire. Cela crée un environnement classique de forte volatilité, où les prix du pétrole peuvent varier fortement au gré du prochain titre.
Le scepticisme du marché se reflète dans l’évolution des cours, et nous anticipons une volatilité implicite durablement élevée dans les semaines à venir. L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX) a probablement bondi au-delà de 50, un niveau qui signale une tension significative sur le marché et l’anticipation d’un mouvement ample. Dans ce contexte, les paris directionnels purs — comme acheter ou vendre simplement des contrats à terme — sont particulièrement risqués.
Trading stratégique dans un contexte de tensions géopolitiques
Nous avons déjà observé ce schéma à l’approche de l’accord nucléaire iranien de 2015, lorsque chaque rumeur de progrès ou d’échec provoquait des mouvements brusques du brut. Les données historiques de cette période montrent que les prix du WTI ont fini par reculer de plus de 20% à mesure que l’accord gagnait en crédibilité et que le marché intégrait le retour de l’offre iranienne. Un repli marqué similaire pourrait se produire aujourd’hui si un accord crédible de réouverture du détroit d’Ormuz était signé.
L’enjeu est considérable, le détroit d’Ormuz représentant toujours le transit d’environ 20% de la consommation mondiale de pétrole. Une réouverture garantie inonderait le marché d’offre et restaurerait la confiance, ce qui ramènerait probablement le WTI vers le bas des 80 dollars, voire le haut des 70 dollars. Pour cette raison, nous envisageons l’achat d’options de vente hors de la monnaie comme moyen de tirer parti d’une résolution positive soudaine.
À l’inverse, un effondrement définitif de ces discussions pourrait facilement propulser le brut au-delà de 100 dollars le baril, la prime de risque s’envolant. Des données récentes montrent déjà que les primes d’assurance maritime pour les pétroliers dans le Golfe persique ont plus que doublé au cours du mois écoulé, reflétant un risque bien réel. Dès lors, détenir des options d’achat constitue une couverture nécessaire contre une escalade sévère du conflit.
Au final, nous estimons que la meilleure stratégie consiste à trader la volatilité elle-même plutôt que de choisir un sens. Nous nous positionnons en vue d’un mouvement significatif des prix, qu’il soit haussier ou baissier, via des stratégies telles que les straddles ou les strangles acheteurs. Cela permet de tirer parti de l’incertitude, que nous considérons comme la seule véritable certitude du marché pour les deux à trois prochaines semaines.