Les actions des marchés émergents ont bien résisté en 2026, mais HSBC Asset Management souligne une fracture en Chine entre les titres cotés onshore et offshore. Depuis le début de l’année, l’indice MSCI China, qui est composé à environ 80 % de valeurs offshore, recule de 7 % en devise locale, tandis que le China A Index, 100 % onshore, progresse de 10 %. Cet écart reflète des compositions de marché différentes et la manière dont chaque segment a réagi aux conditions de marché de cette année.
HSBC relie la progression onshore à l’exposition sectorielle : les A-shares sont davantage orientées vers la technologie, l’industrie et les matériaux, en lien avec les segments « hard tech » des chaînes d’approvisionnement de l’IA. La technologie chinoise offshore est plus concentrée sur l’e-commerce et les plateformes internet, qui ont été à la traîne en 2026. Le marché onshore a aussi été moins sensible aux chocs externes, offrant une certaine protection face aux vents contraires mondiaux, tandis que le soutien des politiques publiques, un renminbi plus ferme et une trêve prolongée entre les États-Unis et la Chine sont cités comme des facteurs susceptibles d’influencer le sentiment à l’égard des actifs chinois.
Écart de performance qui se creuse et opportunités de trading
Nous observons un écart de performance significatif entre les actions chinoises onshore et offshore, que nous nous attendons à voir se maintenir dans les semaines à venir. L’accent mis par le marché des A-shares sur la « hard tech » liée à l’IA constitue un moteur clé de cette vigueur. Des données récentes de mai 2026 montrent que cet écart s’élargit, avec un gain de 4 % pour l’indice CSI 300, tandis que l’indice Hang Seng Tech est resté inchangé.
Pour les traders de produits dérivés, cela plaide pour la mise en place d’un « pairs trade » consistant à se positionner long sur des contrats à terme sur les indices FTSE China A50 ou CSI 300. Cette position peut être couverte en prenant une position short sur des contrats à terme répliquant l’indice Hang Seng China Enterprises (HSCEI). Cette stratégie vise directement la divergence entre l’économie domestique, orientée technologie, et les valeurs offshore, plus sensibles aux facteurs globaux.
Compte tenu de la dynamique positive, nous voyons des opportunités dans la vente d’options de vente (puts) hors de la monnaie sur des ETF A-shares afin d’encaisser une prime. Cette approche s’inscrit dans le sillage de l’annonce récente de la Banque populaire de Chine, le 28 mai, visant à abaisser le ratio de réserves obligatoires pour les banques spécialisées dans les prêts à la technologie. Cette stratégie profite soit d’une poursuite de la hausse, soit d’une phase de consolidation du marché onshore.
Soutiens liés au change et exposition sectorielle ciblée
Le renforcement du renminbi est un autre facteur clé susceptible d’attirer des capitaux internationaux, et nous nous positionnons pour une appréciation supplémentaire. Le taux de change USD/CNH est récemment passé sous le seuil clé de 7,15, soutenu par des données d’exportations d’avril supérieures aux attentes. Nous envisagerions d’utiliser des options d’achat (calls) sur le yuan afin d’obtenir une exposition à la hausse avec un risque défini.
Nous estimons que les options sur des ETF onshore spécifiques aux semi-conducteurs et à l’automatisation industrielle offrent une manière plus ciblée de s’exposer à cette tendance. La production industrielle chinoise dans ces secteurs a augmenté de 15 % sur un an au premier trimestre 2026, soulignant la solidité des fondamentaux. Ce schéma rappelle la période 2019-2020, lorsque des politiques technologiques axées sur le marché domestique avaient entraîné une surperformance similaire et durable de l’indice ChiNext par rapport à ses équivalents offshore.