L’EUR/USD a reculé lundi, alors que les espoirs d’un arrangement de paix entre les États-Unis et l’Iran se sont dissipés au profit de nouvelles tensions au Moyen-Orient. La paire s’échangeait autour de 1,1626, en baisse d’environ 0,30% sur la séance. Selon Tasnim, Téhéran a interrompu les échanges de messages avec Washington, invoquant les opérations militaires en cours d’Israël au Liban contre le Hezbollah. Par ailleurs, l’Iran a accusé les États-Unis d’avoir violé un cessez-le-feu après que le Central Command américain a indiqué avoir mené des « frappes d’autodéfense » contre des sites iraniens de radars et de drones, tandis que les Gardiens de la Révolution ont dit avoir frappé une base aérienne utilisée par les forces américaines en représailles à une attaque dans le sud de l’Iran.
Le dollar américain et les prix du pétrole ont rebondi en réaction. L’indice du dollar (DXY) évoluait autour de 99,20, après s’être repris d’un plus bas de deux semaines proche de 98,75 atteint vendredi, et le WTI gagnait plus de 5% à environ 92,50 dollars. Les anticipations de taux soutenaient également le billet vert, l’outil CME FedWatch indiquant une probabilité de 42% d’une hausse de 25 points de base en décembre. En Europe, les marchés intègrent pleinement une hausse des taux de la BCE plus tard ce mois-ci, tandis que la hausse des coûts de l’énergie accroît les risques sur la croissance de la zone euro. Aux États-Unis, les données ont montré l’indice PMI manufacturier de S&P Global à 55,1 en mai contre 54,5, et l’indice de l’ISM à 54,0, son plus haut niveau depuis mai 2022. Les opérateurs attendent l’inflation de la zone euro mardi ainsi que les chiffres ADP et NFP américains plus tard dans la semaine.
La quête de valeurs refuges soutient le dollar américain
Au vu du regain de tensions géopolitiques, nous observons un classique mouvement de fuite vers la sécurité, qui soutient le dollar américain. La vigueur du dollar constitue un thème majeur sur lequel nous comptons nous positionner dans les semaines à venir. Nous estimons que cet environnement rend difficile le maintien de devises plus risquées.
Implications pour l’euro et stratégies de trading
La situation rend l’euro particulièrement vulnérable, l’économie de la zone euro dépendant fortement des importations d’énergie et étant menacée par l’envolée des prix du pétrole. Nous privilégions donc des stratégies bénéficiant d’une baisse du taux de change EUR/USD. L’achat d’options de vente (puts) sur l’EUR/USD constitue un moyen clair de s’exposer à la baisse tout en définissant strictement le risque maximal.
Nous avons observé une forte hausse de la volatilité implicite sur les options de change, la volatilité 1 mois de l’EUR/USD ayant progressé de plus de 20% sur la seule dernière semaine, à 8,1%. Cela rappelle la réaction des marchés lors de précédents chocs géopolitiques ayant provoqué de brusques mouvements des prix de l’énergie. Cette hausse des fluctuations attendues renforce notre conviction qu’il est prudent de détenir des positions de couverture via des options.
Nous anticipons également que la Réserve fédérale pourrait être contrainte d’adopter une posture plus agressive face aux effets inflationnistes d’un pétrole à un plus haut de neuf mois, à 92,50 dollars le baril. Si les chiffres de l’emploi non agricole (NFP) de cette semaine ressortent solides, alors que les économistes tablent actuellement sur 195.000 créations d’emplois, cela devrait conforter le scénario d’une hausse des taux. Cette divergence de politique monétaire croissante avec la Banque centrale européenne étaye notre biais baissier sur l’euro.