L’indice PMI manufacturier S&P Global du Canada a reculé à 52,9 en mai, contre 53,3 précédemment. Le chiffre demeure au-dessus du seuil de 50,0, signalant une poursuite de l’expansion des conditions dans l’industrie manufacturière, mais à un rythme plus lent que le mois précédent.
Le point de données de mai prolonge la séquence de croissance du secteur, tout en suggérant une perte de dynamique modérée. Aucun détail supplémentaire sur les sous-indices n’a été communiqué en complément du PMI global.
Impact sur la politique de la banque centrale et la devise
La baisse du PMI manufacturier canadien à 52,9, bien que toujours en zone d’expansion, traduit un net essoufflement de la dynamique de croissance. Ce refroidissement est important à l’approche de la prochaine décision de taux de la Banque du Canada, le 10 juin. Selon nous, ces données réduisent la probabilité d’un ton offensif (hawkish) de la banque centrale.
Ce ralentissement, combiné à la récente faiblesse des prix du pétrole WCS — retombés autour de 74 dollars le baril — constitue un facteur défavorable pour le dollar canadien. Nous voyons une opportunité d’acheter des options de vente (puts) sur la paire CAD/USD afin de se positionner en vue d’une potentielle dépréciation dans les semaines à venir. Il s’agit d’une manière à risque défini de se placer à la baisse sur le huard à mesure que le tableau macroéconomique se dégrade.
Stratégie de marché et perspectives
Nous anticipons également que le marché obligataire continuera d’écarter toute chance résiduelle d’une hausse de taux à court terme. Dans ce contexte, les contrats à terme sur l’emprunt d’État canadien à 2 ans apparaissent attractifs en position longue, dans l’optique d’un nouveau repli des rendements. Le rendement à 2 ans a déjà cédé 5 points de base à 3,85% en début de séance, et nous pensons que cette tendance pourrait se poursuivre.
S’agissant de l’indice S&P/TSX 60, la perspective devient plus mitigée, un ralentissement de la croissance pouvant peser sur les bénéfices des entreprises. Si une banque centrale moins agressive est un soutien, les données PMI — en contradiction avec l’inflation d’avril, persistante à 2,9% — alimentent l’incertitude. Nous envisageons donc l’achat de straddles sur options d’indice pour se positionner sur une hausse de la volatilité.
L’enseignement clé réside dans la divergence entre des indicateurs retardés solides — comme le rapport sur l’emploi d’avril, qui a fait ressortir 40.000 créations de postes — et ce PMI, plus récent et davantage prospectif. Le ralentissement de l’activité manufacturière est l’information la plus nouvelle qui guide notre stratégie. Nous privilégierons des opérations qui profitent d’une banque centrale plus accommodante et d’un dollar canadien potentiellement plus faible.