L’indice PMI manufacturier HCOB de l’Espagne s’est établi à 51,2 en mai, en deçà du consensus de marché (53,7). L’indicateur reste au-dessus du seuil de 50 qui sépare l’expansion de la contraction, mais il suggère un rythme d’amélioration plus modéré qu’anticipé.
La publication a été diffusée par l’équipe éditoriale de FXStreet, qui supervise la couverture de la rubrique Forex du média et présente son travail comme un service journalistique destiné aux intervenants de marché.
Inquiétudes sur la croissance en zone euro et implications pour la politique de la BCE
Nous considérons le repli surprise du PMI manufacturier espagnol comme un signal d’alerte clair sur l’élan de croissance en zone euro. Bien qu’encore en zone d’expansion à 51,2, l’écart marqué par rapport à la prévision de 53,7 renvoie l’image d’une économie en phase de refroidissement. Cela fragilise le narratif d’une reprise robuste qui a soutenu la hausse des marchés européens cette année.
Ces données compliquent la prochaine décision de la Banque centrale européenne, d’autant que l’inflation sous-jacente reste tenace, annoncée à 2,4 % le mois dernier. Nous estimons que ce PMI décevant réduit sensiblement la probabilité d’un relèvement des taux en fin d’été, que les marchés intégraient avec plus de 60 % de probabilité il y a encore une semaine. En conséquence, nous nous intéressons à des stratégies sur dérivés misant sur une baisse des taux courts, par exemple via l’achat de contrats à terme indexés sur l’Euribor.
Impact de marché : actions, devise et volatilité
Côté actions, l’indice espagnol IBEX 35, en hausse de plus de 8 % depuis le début de l’année, apparaît désormais vulnérable à un repli. Historiquement, des décélérations aussi nettes des PMI, comme celle observée en 2019, ont précédé des corrections de marché, à mesure que les anticipations de bénéfices étaient révisées à la baisse. Nous envisageons donc l’achat d’options de vente (« puts ») sur l’IBEX 35, à titre de couverture ou comme position baissière spéculative pour les prochaines semaines.
L’euro devrait subir des pressions à mesure que les attentes de croissance du bloc sont revues en baisse. Nous nous positionnons pour une possible faiblesse de l’EUR/USD, en recourant éventuellement à des options afin de limiter le risque tout en captant un potentiel baissier. Cette surprise devrait également alimenter la volatilité de court terme, rendant attractives des positions longues sur des indices comme le VSTOXX.