Le produit intérieur brut réel du Canada a reculé de 0,1 % sur un mois en mars, en dessous des attentes du consensus qui tablait sur 0 %. Cette publication suggère une légère contraction à la fin du premier trimestre, après une période durant laquelle la production mensuelle était restée globalement stable.
Les données font état d’une lecture plus faible que prévu pour mars, la baisse de 0,1 % étant inférieure aux estimations qui anticipaient une stabilité. Le PIB mensuel constitue un élément clé pour évaluer la dynamique de croissance à court terme et peut influencer les anticipations concernant les perspectives économiques.
Implications pour la politique monétaire et la devise
La contraction économique surprise de -0,1 % en mars confirme la tendance au ralentissement que nous anticipions. Ce point de donnée, même s’il remonte à deux mois, renforce sensiblement l’argumentaire en faveur d’un début de baisse des taux par la Banque du Canada. Les chiffres récents de l’inflation, en repli à 2,6 %, confortent également l’idée que la banque centrale dispose d’une marge de manœuvre.
Nous estimons que cela exerce une pression baissière directe sur le dollar canadien, en particulier face au dollar américain, alors que la Réserve fédérale demeure plus restrictive. Historiquement, les périodes de divergence des politiques monétaires se sont traduites par un affaiblissement du CAD, comme en 2015 lorsque la BdC avait abaissé ses taux tandis que la Fed restait ferme. Nous envisageons donc d’acheter des options d’achat (calls) sur la paire USD/CAD afin de tirer parti de cette tendance attendue au cours des prochaines semaines.
Stratégies de marché et perspectives économiques
Cette faiblesse économique rend également les contrats à terme sur taux canadiens attractifs, le marché intégrant désormais une probabilité supérieure à 75 % d’une baisse de taux d’ici la réunion de juillet de la Banque du Canada. Nous voyons de la valeur à se positionner à l’achat sur des contrats tels que les Three-Month Canadian Bankers’ Acceptance Futures (BAX) afin de tirer parti d’un recul des rendements. Le chiffre décevant du PIB constitue le catalyseur susceptible de faire encore monter ces probabilités.
Pour le marché actions, le ralentissement de l’économie représente un vent contraire pour l’indice S&P/TSX 60, en particulier pour les secteurs sensibles aux taux comme les banques et les valeurs de consommation discrétionnaire. Nous envisageons d’acheter des options de vente (puts) de protection sur des ETF répliquant le marché canadien au sens large, tels que XIU. Cette stratégie nous permet de couvrir le portefeuille contre un éventuel repli alimenté par un affaiblissement des résultats des entreprises au cours des prochains trimestres.