L’inflation annuelle allemande mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a ralenti à 2,6 % dans l’estimation flash de mai, après 2,9 % en avril, ressortant sous la prévision de marché de 2,8 %. Sur un mois, l’IPC a reculé de 0,2 % après une hausse de 0,6 % en avril, signalant une dynamique des prix plus modérée à court terme.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), la mesure privilégiée de la Banque centrale européenne, a cédé 0,1 % sur le mois et progressé de 2,7 % sur un an, les deux résultats étant inférieurs aux estimations des analystes. Sur le marché des changes, l’EUR/USD a peu réagi et s’échangeait en dernier lieu stable à 1,1645.
Perspectives de baisses de taux de la BCE et obligations de la zone euro
Alors que l’inflation allemande montre à nouveau des signes d’accalmie, l’IPCH harmonisé de mai 2026 s’établissant à 2,2 %, nous estimons que la Banque centrale européenne dispose d’une marge de manœuvre claire pour abaisser ses taux. Ce chiffre, conjugué au ralentissement de la progression des salaires publié la semaine dernière, renforce nettement l’argumentaire en faveur d’un nouvel assouplissement monétaire. Cela devrait maintenir une pression baissière sur les rendements obligataires à court terme dans l’ensemble de la zone euro.
Le marché l’anticipe déjà : les swaps OIS intègrent désormais une probabilité de 85 % d’une baisse de 25 points de base lors de la réunion de la BCE le mois prochain. Les contrats à terme sur taux, notamment les Euribor trois mois, se sont appréciés lors des dernières séances, reflétant cette attente. Nous jugeons que, pour ces contrats, le chemin de moindre résistance demeure orienté à la hausse dans les prochaines semaines.
Implications stratégiques pour les cambistes et les traders d’options
Pour les intervenants sur les dérivés de change, le relatif calme sur l’EUR/USD, actuellement autour de 1,0950, offre une opportunité. Le VSTOXX, indicateur de la volatilité des actions européennes, a reculé à un plus bas annuel de 14, ce qui suggère que les options sont relativement bon marché. Nous pensons que l’achat d’options de vente (puts) sur l’euro à maturité longue constitue une approche prudente pour se positionner sur un cycle de baisses plus offensif que ce qu’escompte actuellement le marché.
Nous avons déjà observé ce schéma, notamment durant la phase de désinflation du milieu des années 2010, où l’action initiale des banques centrales n’était que le début d’une tendance plus longue. Si la BCE avait procédé à des hausses de taux agressives en 2023 pour lutter contre une inflation élevée, l’historique de l’institution plaide plutôt pour un assouplissement graduel. Cela suggère de se préparer à une période prolongée de taux plus bas, et non à un simple ajustement ponctuel.