L’euro est resté sous pression face au dollar américain vendredi, maintenant l’EUR/USD cantonné dans la fourchette des deux dernières semaines et plafonné sous 1,1660. Une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu États-Unis–Iran, actée dans un mémorandum d’entente, a amélioré l’appétit pour le risque, même si l’accord doit encore être ratifié par les deux gouvernements. Dans la zone euro, des statistiques plus faibles en provenance de France ont inclus une contraction du PIB au T1, tandis que l’inflation en France et en Espagne est ressortie sous les attentes, tout en restant au-dessus de la cible de 2% de la Banque centrale européenne. En Allemagne, le taux de chômage a reculé de façon inattendue en avril, et le PIB italien du T1 a progressé à un rythme plus soutenu.
L’attention se porte désormais sur les données préliminaires de l’IPCH allemand de mai, attendues plus tard jeudi, après une nette accélération en mars et avril liée à un choc énergétique consécutif à la guerre avec l’Iran. Sur le plan technique, l’EUR/USD s’échangeait à 1,1643 ; le RSI en 4 heures est resté au-dessus de 50 et le MACD était légèrement positif, mais un franchissement au-dessus de 1,1660 est nécessaire pour renforcer un scénario de retournement haussier. Au-delà, les résistances se situent à 1,1720 puis vers 1,1790, tandis que les supports sont identifiés à 1,1625, puis à 1,1575 et 1,1505–1,1525.
Inflation en zone euro et perspectives de banque centrale
Nous surveillons l’euro, qui demeure plafonné sous la résistance clé de 1,1660, enfermé dans sa récente fourchette. Les données préliminaires d’inflation allemande de mai publiées hier sont ressorties légèrement plus élevées que prévu, à 2,6% sur un an, ce qui renforce l’argumentaire en faveur d’une hausse de taux de la Banque centrale européenne en juin. Cela confirme notre lecture selon laquelle les pressions sous-jacentes sur les prix dans la zone euro ne se résorbent pas aussi rapidement que certains l’espéraient.
Dans ce contexte, l’achat de structures optionnelles haussières paraît attractif pour les prochaines semaines, dans la mesure où nous anticipons une possible sortie par le haut. Nous voyons une opportunité via des spreads haussiers en calls (bull call spreads), par exemple en achetant un call de strike 1,1650 et en vendant un call de strike 1,1750, avec une échéance fin juin. Cette stratégie permet de se positionner de façon à risque défini sur un mouvement au-dessus de la résistance clé.
Données américaines, volatilité et gestion du risque
À l’inverse, les dernières données macroéconomiques américaines restent solides : le dernier rapport sur l’emploi (Non-Farm Payrolls) fait état de 210 000 créations de postes, soutenant le dollar. Si l’euro échoue à franchir la résistance, la paire pourrait revenir vers le bas de la fourchette, près de 1,1575. Nous devrions donc envisager l’achat de puts avec un strike inférieur à ce niveau afin de couvrir le risque d’un rally avorté.
L’évolution latérale des deux dernières semaines a maintenu la volatilité implicite des options EUR/USD à des niveaux relativement bas. Cela crée un environnement favorable à l’achat d’options, relativement bon marché avant un catalyseur potentiel tel que la réunion de la BCE en juin. Nous attendons une nette hausse de la volatilité en cas de franchissement de 1,1660, ce qui serait favorable aux stratégies longues en vega.
Nous devons également rester prudents concernant l’accord États-Unis–Iran, qui demeure en attente de ratification et pourrait facilement voler en éclats. Les rallies de soulagement géopolitique peuvent être de courte durée, comme on l’avait observé lors de la première désescalade des tensions commerciales en 2019, marquée par plusieurs faux départs. Ce risque sous-jacent plaide pour des positions sur dérivés strictement bornées et pour éviter une surexposition à un seul scénario directionnel.