Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il ne se précipiterait pas pour conclure un accord, estimant que l’Iran ne peut pas tenir plus longtemps que lui, car il ne « se soucie pas des élections de mi-mandat », a rapporté CNN mercredi. Il a également indiqué que le détroit d’Ormuz serait « ouvert à tout le monde » et que les États-Unis « le surveilleraient », ajoutant que ces conditions font partie des négociations avec l’Iran.
Par ailleurs mercredi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que Washington donnerait aux pourparlers avec l’Iran « toutes les chances de réussir » et que les discussions ont enregistré certains progrès. Trump a dit privilégier la diplomatie, tout en gardant d’autres options à disposition en cas d’échec. Tard mercredi, Fars News a rapporté que trois explosions avaient été entendues à l’est de Bandar Abbas et que les défenses antiaériennes avaient été activées pendant plusieurs minutes.
Opportunités de marché dans un environnement géopolitique incertain
Nous observons des messages contradictoires de l’administration, une préférence affichée pour la diplomatie se heurtant à la montée des tensions et à des informations faisant état d’explosions près du détroit d’Ormuz. Ce contexte d’incertitude élevée est précisément celui dans lequel des stratégies sur dérivés peuvent être utilisées pour gérer le risque et tirer parti de mouvements de prix potentiels. Le marché n’intègre pas encore pleinement un scénario du pire, ce qui crée une opportunité.
L’impact le plus direct se fera sentir sur le pétrole brut, puisque près de 20 % de la consommation mondiale totale de pétrole transite chaque jour par le détroit d’Ormuz. Nous pensons que l’achat d’options d’achat (calls) à court terme sur les contrats à terme Brent constitue la manière la plus efficace de se positionner face à un risque de perturbation de l’offre. Cela offre une exposition significative à la hausse si les tensions s’aggravent, tout en limitant le risque de baisse à la prime versée.
Stratégies de gestion des risques pour l’énergie et les actions
Il suffit de se rappeler le début du conflit en Ukraine en février 2022, lorsque le Brent a bondi de 95 dollars à plus de 120 dollars le baril en moins de deux semaines. Les informations actuelles sur des activations de défenses antiaériennes près de Bandar Abbas suggèrent une situation tout aussi nerveuse, dans laquelle les prix pourraient varier fortement au gré d’un seul titre. Mettre en place ces positions dès maintenant, alors que la volatilité implicite a augmenté sans pour autant exploser, est essentiel.
Au-delà de l’énergie, il faut s’attendre à des turbulences plus larges sur les marchés si la situation se dégrade, une flambée des prix du pétrole alimentant les craintes d’inflation et pesant sur la croissance économique. Nous achetons donc des options de vente (puts) sur le S&P 500 afin de couvrir nos portefeuilles actions longs contre un épisode « risk-off ». Avec l’indice de volatilité du CBOE (VIX) qui évolue encore sous 15, l’achat de ce type d’assurance de portefeuille demeure relativement peu coûteux.