La hausse du chômage au Canada masque des tensions de plus long terme sur l’offre de main-d’œuvre, à mesure que les départs à la retraite s’accélèrent et que le vivier de jeunes travailleurs s’amenuise en l’absence d’immigration. Le nombre mensuel de départs à la retraite a presque doublé, pour atteindre environ 25 500, et devrait rester élevé jusqu’aux années 2030. Parallèlement, la population de travailleurs potentiels de moins de 35 ans déjà présents au Canada, hors immigration, devrait diminuer d’environ 186 000 personnes par an au cours des cinq prochaines années, préparant un resserrement progressif des conditions sur le marché du travail.
D’ici 2026, la population active disponible devrait se contracter plus vite que la population totale pour la première fois depuis le début des statistiques, hors période de pandémie, ce qui reflète la part croissante de Canadiens atteignant l’âge de la retraite. Si un taux de chômage élevé atténue les pénuries à court terme, la pression sur l’offre de travail devrait s’intensifier à mesure que les conditions du marché du travail par salarié s’améliorent et que le chômage recule. Cet article a été produit avec l’aide d’un outil d’IA et relu par un éditeur.
Dynamique du marché du travail et Banque du Canada
Nous observons que le taux de chômage actuellement élevé — que Statistique Canada vient d’établir à 6,4 % pour avril 2026 — conduit beaucoup d’acteurs à anticiper des baisses de taux de la Banque du Canada. Cette focalisation sur les marges de manœuvre à court terme néglige toutefois un changement structurel plus important. Selon nous, cela crée une opportunité de mauvaise valorisation sur le marché des taux.
Sous la surface, une pénurie de main-d’œuvre de long terme se met en place, alors que les départs mensuels à la retraite ont bondi à environ 25 500. Ce choc démographique, combiné à la contraction de la main-d’œuvre des moins de 35 ans, devrait durcir sensiblement le marché du travail. Nous nous attendons à ce que cela finisse inévitablement par exercer une pression haussière sur les salaires, même si elle n’est pas visible aujourd’hui.
Cette pression salariale à venir suggère que l’inflation restera plus persistante que ne l’anticipe le marché, et demeurera au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque du Canada, contre 2,9 % actuellement. La Banque disposera donc de moins de marge pour réduire ses taux que ce que reflètent aujourd’hui les swaps indexés au jour le jour. Nous pensons que la probabilité d’un maintien des taux inchangés plus longtemps est sous-estimée, à l’image de la fin 2023, lorsque les marchés avaient à tort intégré des baisses agressives de taux pour 2024.
Stratégies d’investissement face aux tendances du travail
Dans les semaines à venir, nous examinons des positions qui bénéficieraient d’une revalorisation par le marché d’une Banque du Canada plus restrictive. Cela consiste à acheter des options de vente sur des ETF obligataires tels que l’iShares Core Canadian Universe Bond Index ETF (XBB), qui profiteraient d’une hausse des rendements lorsque les anticipations de baisses de taux s’estomperont. La récente stabilité des rendements des obligations d’État à 10 ans autour de 3,5 % nous semble constituer un plancher temporaire avant que le marché ne se réveille face au risque inflationniste.
Nous voyons aussi une opportunité sur le dollar canadien, qui s’échange actuellement autour de 73,5 cents US. Si la Banque du Canada est contrainte de maintenir des taux plus élevés plus longtemps que la Réserve fédérale américaine, les différentiels de taux joueront en faveur du huard. Nous envisageons d’acheter des options d’achat sur la paire CAD/USD afin de nous positionner sur ce potentiel renforcement.