Le billet vert a évolué en dents de scie mercredi, l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient orientant les échanges tandis que les marchés continuaient d’intégrer de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale. L’indice USD (DXY) est resté dans une zone bien connue, juste au-dessus de 99,00, l’attention se tournant vers les commandes de biens durables, le PCE, une nouvelle révision de la croissance du PIB du T1, ainsi que les revenus et dépenses des ménages. Suivront les inscriptions hebdomadaires au chômage et les ventes de logements neufs, aux côtés du rapport hebdomadaire de l’EIA sur les stocks de pétrole brut, tandis que le responsable de la Fed Williams doit s’exprimer.
Sur le G10, l’EUR/USD a progressé vers la zone des 1,1650 et des sommets de plusieurs séances avant la publication finale de la confiance des consommateurs dans la zone euro, des anticipations d’inflation des ménages et des comptes rendus de politique monétaire de la BCE, avec des interventions attendues de Lane, Lagarde, Cipollone et Schnabel. Le GBP/USD a oscillé autour de 1,3450 alors que le Royaume-Uni publie la production automobile annuelle et que Breeden (BoE) prend la parole, tandis que l’USD/JPY s’est hissé vers le milieu des 159,00 avant les données hebdomadaires japonaises sur les achats d’obligations étrangères, les mises en chantier et les commandes de construction, ainsi que des propos du gouverneur de la BoJ, Ueda. L’AUD/USD a glissé vers 0,7120 avant les investissements privés et les dépenses des ménages en Australie, alors que le WTI est passé sous 88,00 $ le baril, à des plus bas de plusieurs semaines, et que l’or a reculé vers 4 400 $ l’once troy, se rapprochant de sa moyenne mobile à 200 jours.
Perspectives sur le dollar américain et impact de la politique de la Fed
Nous observons un dollar américain évoluant dans une fourchette étroite, les marchés retenant leur souffle avant les principales statistiques d’inflation de la semaine. Le point d’orgue sera l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui pèsera fortement sur la prochaine décision de la Réserve fédérale. Une publication supérieure aux attentes pourrait aisément repousser encore davantage les anticipations de baisse de taux plus tard dans l’année.
Le scénario dominant est celui d’une Fed qui resterait en pause, la valorisation actuelle du marché via l’outil CME FedWatch indiquant une probabilité inférieure à 50 % d’une baisse de taux d’ici la réunion de septembre. Cette posture de « taux plus élevés plus longtemps » apporte un plancher au dollar. Il convient donc de rester prudent avant de se positionner sur un affaiblissement marqué du billet vert à ce stade.
Devises G10, matières premières et principaux risques de marché
Sur l’EUR/USD, nous surveillons la divergence de politique monétaire entre la Fed et la Banque centrale européenne. La BCE a fortement signalé une baisse potentielle des taux en juin, ce qui pourrait limiter tout potentiel haussier significatif de la paire. Des stratégies via produits dérivés misant sur l’élargissement de l’écart de taux pourraient s’avérer pertinentes.
Nous voyons le GBP/USD évoluer autour du seuil de 1,2700, pris entre une inflation britannique tenace et l’incertitude supplémentaire liée aux élections législatives du 4 juillet. Ce risque politique plaide pour le recours aux options afin de se couvrir contre des variations soudaines de volatilité. Il faut s’attendre à une livre chahutée tant que l’issue du scrutin n’est pas clarifiée.
L’écart de taux entre les États-Unis et le Japon continue de peser sur le yen, maintenant l’USD/JPY à des niveaux élevés près de 157,00. Il faut rester vigilant face au risque d’une intervention potentielle des autorités japonaises pour soutenir leur devise. Toute stratégie en options doit intégrer le risque d’un retournement brutal et rapide.
Sur le marché de l’énergie, nous constatons que le pétrole WTI évolue prudemment sous 80 $ le baril. Tous les regards se tournent vers la prochaine réunion de l’OPEP+ le 2 juin, qui décidera de l’avenir des réductions volontaires de production. Cette réunion devrait constituer le principal moteur des prix du pétrole dans les prochaines semaines.
L’or subit la pression d’un dollar ferme et de la perspective d’un report des baisses de taux de la Fed, autour de 2 340 $ l’once. Tant que les taux américains restent élevés, le coût d’opportunité de la détention d’un actif sans rendement comme l’or limite son attrait. Nous anticipons des cours de l’or qui resteront sensibles aux données américaines d’inflation et d’emploi.