La Reserve Bank of New Zealand (RBNZ) a maintenu l’Official Cash Rate (OCR) à 2,25 % en mai, une décision conforme aux attentes du marché, après un vote serré 3–3 au sein du comité, le président ayant tranché grâce à sa voix prépondérante. Trois membres se sont prononcés en faveur d’une hausse de 25 points de base, tandis que les autres ont mis en avant une inflation sous-jacente faible, une progression modérée des salaires et des anticipations d’inflation à moyen et long terme bien ancrées. Le comité a indiqué que les perspectives d’inflation restent incertaines, a jugé les risques orientés à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance, et a signalé que des relèvements de l’OCR lors des prochaines réunions sont probables, le rythme étant guidé par les données ainsi que par le comportement de fixation des salaires et des prix par rapport à une activité plus faible. Les conditions financières se sont déjà durcies, même si la politique a été décrite comme encore légèrement accommodante.
Les prévisions du Monetary Policy Statement indiquent une inflation culminant à 4,3 % au trimestre de septembre avant de revenir au point médian de l’objectif de 2 % à la mi-2027, avec un IPC annuel attendu à 2,4 % en juin 2027 contre 2,0 % précédemment. La RBNZ anticipe désormais un OCR à 2,51 % en septembre 2026 (contre 2,28 %), à 3,07 % en juin 2027 (2,62 %), puis à 3,11 % en septembre 2027 (2,71 %) et à 3,28 % en juin 2029, tandis que le TWI du NZD est projeté à 66,6 en juin 2027 (contre 68,0). Le NZD/USD est monté à 0,5862, en hausse de 0,41 % sur la séance.
Signaux restrictifs et implications pour les marchés
À la lumière de la dernière réunion de la banque centrale, nous voyons une trajectoire à venir claire, bien que complexe. La décision de statu quo s’est jouée à très peu, avec un partage 3–3 au sein du comité qui met en évidence une forte pression sous-jacente en faveur d’un relèvement. Cela indique que la banque centrale adopte un biais restrictif, et qu’il convient de se positionner pour des taux d’intérêt plus élevés dans les prochains mois.
La préoccupation liée à l’inflation est réelle et étayée par les données : les dernières statistiques de Stats NZ montrent une inflation au T1 2026 de 3,9 %, toujours nettement au-dessus de la fourchette cible. Cela confère de la crédibilité aux membres ayant voté pour une hausse, qui craignent que ces pressions sur les prix ne s’enracinent. Le conflit en cours au Moyen-Orient ne fera qu’accroître ces risques inflationnistes à court terme via des coûts de l’énergie plus élevés.
Ce biais restrictif devrait continuer de soutenir le dollar néo-zélandais, que nous avons vu se redresser immédiatement après l’annonce. Les propres prévisions de la RBNZ montrent désormais un OCR atteignant 3,07 % d’ici juin 2027, une révision significative à la hausse qui signale un biais de resserrement clair. Nous estimons qu’être acheteur du kiwi face à des devises dont les banques centrales sont plus accommodantes constitue une stratégie favorable.
Pour les intervenants sur les taux, la direction apparaît désormais plus certaine. Le marché des swaps intègre actuellement environ 85 % de probabilité d’une hausse de 25 points de base lors de la réunion de juillet. Nous voyons de la valeur dans des positions qui bénéficient de la hausse des taux, comme payer le fixe sur des swaps de taux d’intérêt sur des maturités d’un an ou plus.
Risques et considérations stratégiques à venir
Compte tenu de la déclaration du gouverneur selon laquelle « tout » est possible et de la division nette au sein du comité, nous anticipons une volatilité accrue autour des prochaines réunions. Dans cet environnement, les options deviennent attractives : acheter des options d’achat (calls) sur le NZD ou des options sur des contrats à terme de taux courts permet de capter un potentiel de hausse en cas de relèvement surprise tout en limitant le risque de baisse. Cela est d’autant plus pertinent que la banque a clairement indiqué que des hausses de taux sont probables lors des « prochaines réunions ».
Nous avons déjà vu ce scénario du côté de la RBNZ, qui avait relevé agressivement ses taux de fin 2021 à 2023 pour prendre de vitesse l’inflation. Même si le contexte économique est différent aujourd’hui, avec des inquiétudes sur la croissance, la priorité de la banque reste clairement de ramener l’inflation vers sa cible. Ce précédent historique suggère que la banque n’hésitera pas à agir de manière décisive si les données le justifient.
Le principal risque pour ce scénario vient de l’économie domestique, qui montre déjà des signes de faiblesse. Le PIB néo-zélandais s’est contracté de 0,2 % au dernier trimestre 2025, et les récentes enquêtes de confiance des entreprises pointent vers un ralentissement qui se prolonge. Nous surveillerons de près les prochaines données d’activité : un repli plus marqué que prévu pourrait contraindre la banque à repousser ses projets de relèvement.