Le dollar néo-zélandais aborde la décision de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) avec un soutien limité du positionnement récent, après une activité atone la semaine dernière suivie d’une sortie exceptionnelle vendredi, proche de -2,5 en flux « scored ». Il s’agissait de la plus forte sortie depuis avril 2018, attribuée à une importante position longue nette via swaps qui n’a pas été reconduite, ce qui suggère une forte réduction de l’exposition nette, même si ce mouvement ne s’est pas immédiatement traduit par une réaction claire sur le marché des changes.
Les marchés restent incertains quant à la trajectoire de politique monétaire, alors même que trois nouvelles hausses de taux sont encore intégrées dans les prix pour le reste de l’année. Depuis début mars, la devise a globalement résisté malgré l’aversion mondiale pour le risque, mais les tentatives de rebond de fin avril et de mi-mai n’ont pas réussi à s’imposer. Si les États-Unis accélèrent sur les taux, les devises G10 à bêta élevé pourraient souffrir, le carry du NZD étant jugé nettement plus faible que les normes historiques, avec un possible allègement des positions longues si les risques de croissance persistent.
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Risques en hausse et évolution du sentiment des investisseurs
Nous jugeons le dollar néo-zélandais très fragile à l’approche de la décision de la Reserve Bank of New Zealand (RBNZ). Une sortie massive la semaine dernière, la plus importante depuis avril 2018, a été liée au fait que des opérateurs n’ont pas reconduit des positions longues via swaps. Cela indique une réduction significative des paris haussiers sur la devise.
Le marché intègre de nouvelles hausses de taux de la RBNZ cette année, mais nous observons une hésitation croissante. Au vu des dernières données montrant que le PIB néo-zélandais s’est contracté de 0,1% au dernier trimestre, toute tonalité prudente de la RBNZ pourrait déclencher des ventes sur les positions longues NZD existantes. Le risque sur la croissance devient une préoccupation centrale pour les investisseurs.
Cette lecture est renforcée par la divergence des perspectives des banques centrales. Le dernier chiffre d’inflation (CPI) en Nouvelle-Zélande, à 2,9%, reflète un reflux, tandis que les données de Core PCE aux États-Unis publiées la semaine dernière restent tenaces à 3,2%, maintenant la pression sur la Réserve fédérale. Cet écart de politique monétaire croissant rend le dollar américain plus attractif que le « kiwi ».
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Attrait du carry en recul et stratégie sur dérivés
Par ailleurs, l’intérêt de détenir le NZD pour son avantage de taux, ou « carry », est nettement plus faible qu’auparavant. Historiquement, la prime de taux de la RBNZ par rapport aux États-Unis était sensiblement plus élevée, offrant une meilleure rémunération du risque. Le resserrement actuel de l’écart apporte peu de coussin si le sentiment de risque mondial se dégrade.
Compte tenu de ces vents contraires, nous estimons que les intervenants sur dérivés devraient se positionner pour un affaiblissement du NZD dans les prochaines semaines. L’achat d’options de vente (puts) NZD/USD offre une approche claire, avec un risque défini, pour tirer parti d’un repli potentiel, notamment si la RBNZ laisse entrevoir une pause. Cette stratégie protège contre la probabilité croissante que les récentes tentatives de reprise aient échoué.