Tensions géopolitiques et politique des banques centrales: la volatilité s’installe
Le dollar américain se renforce grâce à son statut de valeur refuge, alors que des informations contradictoires circulent au Moyen-Orient. L’indice de volatilité du CBOE (VIX), souvent surnommé l’« indice de la peur » (il mesure la volatilité attendue sur le marché actions américain), a progressé de plus de 10 % sur la semaine pour évoluer près de 18, signe d’une hausse de la nervosité des opérateurs. Ce contexte exerce une pression baissière immédiate sur des paires comme le NZD/USD. À l’inverse, la RBNZ donne un argument favorable au dollar néo-zélandais (le « Kiwi », surnom du NZD). La dernière donnée d’inflation en Nouvelle-Zélande, mesurée par l’indice des prix à la consommation (CPI, l’indicateur qui suit l’évolution des prix payés par les ménages) sur un trimestre, fait apparaître une inflation à 4,1 %, nettement au-dessus de la zone cible. Le marché intègre donc des hausses de taux marquées cet été. Cette orientation plus restrictive de la banque centrale est le principal soutien du NZD face à une baisse plus prononcée. Cela crée un bras de fer entre le risque géopolitique et la politique monétaire, ce qui suggère de fortes variations de prix dans les prochaines semaines. Historiquement, un conflit durable autour du détroit d’Ormuz fait monter les prix du pétrole et soutient le dollar américain, ce qui pèse en général sur le NZD/USD. Mais l’avantage de taux du Kiwi (des rendements plus élevés, donc plus attractifs) pourrait inverser ce schéma si les tensions retombent.Stratégies sur produits dérivés dans un marché instable
Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici le taux de change), cette incertitude rend intéressante une stratégie visant à profiter d’une hausse de la volatilité (fortes variations attendues). Nous estimons qu’acheter un straddle long (stratégie consistant à acheter à la fois une option d’achat et une option de vente, avec le même prix d’exercice et la même échéance) est adapté. Cette position gagne si le NZD/USD effectue un mouvement important dans un sens ou dans l’autre avant l’échéance des options fin juin ou en juillet. Autre approche: pour ceux qui estiment que le ton plus restrictif de la RBNZ finira par l’emporter sur les craintes géopolitiques, l’achat d’options d’achat sur le NZD offre un risque défini. La prime (le coût payé à l’achat de l’option) constitue la perte maximale, ce qui protège contre une baisse brutale si la situation au Moyen-Orient se dégrade. Cela permet de participer à une éventuelle hausse tout en limitant le risque à la baisse.
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