Rendements obligataires et contexte macroéconomique
Les prix du pétrole ont progressé sur fond de tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran : le WTI (référence américaine) gagnait 0,5% au-dessus de 105 dollars le baril et le Brent (référence mondiale) avançait de 0,5% près de 109 dollars. Le rendement du Treasury américain à 30 ans (obligation d’État à 30 ans) a touché vendredi un plus haut d’environ un an, puis est resté globalement stable lundi. Au Royaume-Uni, le gilt à 30 ans (obligation d’État britannique) évoluait sur des niveaux plus vus depuis la fin des années 1990. Dimanche, le président Donald Trump a averti que l’Iran devait « avancer » faute de quoi « il ne restera plus rien ». Axios a rapporté que les États-Unis jugeaient toujours insuffisante la nouvelle proposition iranienne. Cela maintient une prime de risque autour du détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport du pétrole). Le calendrier statistique américain est peu chargé. Jeudi, les PMI « flash » (enquêtes provisoires auprès des entreprises, indicateurs avancés d’activité) seront au centre de l’attention : industrie 53,8 contre 54,5 précédemment, services 51,3 contre 51. Côté Réserve fédérale (Fed), des interventions sont attendues, notamment de Christopher Waller mardi et vendredi. Les minutes du FOMC (compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire) sont prévues mercredi, et l’enquête de l’Université du Michigan vendredi (notamment sur la confiance des ménages et leurs anticipations d’inflation). En regardant la période de mai 2025, le marché avait été déstabilisé par une hausse mondiale des rendements à long terme, ce qui avait plafonné le S&P 500 et le Nasdaq. Aujourd’hui, avec le rendement du Treasury à 10 ans qui se maintient au-dessus de 4,4%, la pression des taux reste un frein majeur pour les valeurs de croissance (entreprises dont la valorisation dépend surtout de profits futurs). Les investisseurs peuvent envisager de se protéger contre une nouvelle baisse liée à la hausse des rendements, par exemple via des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) sur le QQQ (ETF, fonds coté, indexé sur le Nasdaq-100). On se souvient aussi qu’en mai 2025, des titres de la mémoire comme Micron avaient souffert de la crainte d’une montée en capacité trop lente. Aujourd’hui, la demande liée à l’IA pour la mémoire à large bande passante (HBM, mémoire très rapide utilisée pour accélérer les calculs) a fait bondir l’action Micron de plus de 90% sur un an. Tout repli marqué des leaders des semi-conducteurs liés à l’IA pourrait être vu comme une opportunité d’achat d’options d’achat (calls, pari sur une hausse), si le déséquilibre entre offre et demande se prolonge.Énergie et couverture géopolitique
Il y a un an, le WTI évoluait au-dessus de 105 dollars le baril en raison de fortes tensions au Moyen-Orient. Aujourd’hui, le pétrole est nettement plus bas, autour de 80 dollars, ce qui a contribué à atténuer une partie des craintes d’inflation. Ce niveau plus faible implique qu’un regain soudain de tensions géopolitiques pourrait provoquer un choc important. Des options d’achat à longue échéance (maturité lointaine) sur des ETF du secteur de l’énergie comme XLE (fonds coté regroupant des valeurs énergétiques américaines) peuvent servir de couverture à coût limité. En mai 2025, des chiffres d’inflation élevés avaient repoussé l’idée de baisses de taux de la Fed, et l’attention s’était portée sur les PMI pour détecter un ralentissement. Le contexte se rapproche de ce schéma : le PMI composite (synthèse industrie + services) ressort à 51,3, et la Fed indique que les taux resteront élevés plus longtemps. Les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme les options ou contrats à terme) devraient surveiller les anticipations d’inflation dans l’enquête de l’Université du Michigan, susceptibles de modifier les attentes sur le calendrier de la Fed.
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