Divergence de taux et rattrapage du dollar
Sur la même période, l’EUR/USD (taux de change euro/dollar) s’est échangé entre 1,14 et 1,21. Après le début de la guerre, l’article indique que les rendements à 2 ans ont augmenté de plus de 6%. Il ajoute que les rendements américains à 2 ans progressent plus vite que ceux observés ailleurs. Sur cette base, il estime que le DXY peut encore monter et souligne que la prévision DXY de la banque pour fin 2026 est au-dessus du consensus Bloomberg (la moyenne des prévisions d’analystes compilées par Bloomberg). L’écart entre la forte hausse des taux américains et la hausse plus limitée du dollar est le fait marquant du moment. D’après le graphique, les rendements à 2 ans ont grimpé à 6,25% depuis le début du conflit l’an dernier, mais l’indice du dollar ne fait que tester le niveau 108. Cela suggère que le dollar peut encore « rattraper » ce que le marché obligataire (le marché des titres de dette) intègre déjà dans les prix.Conséquences pour les stratégies de marché sur la force du dollar
Cette divergence s’explique par une inflation qui reste élevée. La Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis) veut la faire reculer. En avril, l’inflation PCE « core » (indice PCE hors alimentation et énergie, une mesure de l’inflation suivie de près par la Fed) est ressortie plus forte que prévu à 4,1%, ce qui réduit les raisons pour la Fed d’annoncer un changement de cap. Tant que les données économiques américaines restent solides, la tendance la plus probable pour les rendements, et donc pour le dollar, reste à la hausse. Pour les intervenants de marché, cela plaide pour une exposition à un dollar plus fort dans les prochaines semaines. Une approche simple consiste à acheter des options d’achat (call, un contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé) sur des ETF liés au dollar comme UUP (un fonds coté qui cherche à suivre le dollar), avec des échéances en août ou septembre 2026 pour laisser la tendance se développer. Des positions acheteuses sur des contrats à terme (futures, contrats standardisés qui fixent un prix à l’avance) sur l’indice du dollar seraient une façon plus directe d’exprimer ce scénario. Un schéma comparable a été observé en 2022, quand la Fed a lancé un cycle de hausses de taux rapide pour freiner l’inflation post-pandémie. L’indice du dollar avait bondi du milieu des 90 à plus de 114 en quelques mois, car les anticipations de taux américains (ce que le marché pense que la Fed fera) dépassaient largement celles du reste du monde. Le contexte actuel rappelle cette période, où le rattrapage peut générer des gains importants. L’attrait du dollar augmente aussi si l’on compare avec les politiques d’autres banques centrales. La Banque centrale européenne (BCE) ne fait que signaler la fin de son cycle d’assouplissement (politique monétaire plus accommodante, visant à soutenir l’économie), et les rendements à 2 ans des Bunds allemands (obligations d’État allemandes) restent sous 3,5%. Cet écart de taux (différentiel de rendement) rend la détention de dollars plus intéressante que celle d’euros ou de yens.
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