Pressions sur le dollar: Fed et géopolitique
Le dollar américain a aussi fléchi, car les marchés ont revu à la baisse les attentes d’un nouveau durcissement de la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis). Cela a suivi un regain d’optimisme sur l’inflation, lié à la perspective d’un cessez-le-feu plus durable et d’une éventuelle réouverture du détroit d’Hormuz (passage maritime clé du transport de pétrole), ce qui a pesé sur les prix du pétrole. Le gouverneur de la Fed Stephen Miran a déclaré que le choc énergétique lié à l’Iran (hausse soudaine des prix de l’énergie) n’avait pas encore modifié les anticipations d’inflation à long terme (ce que ménages et entreprises pensent de l’inflation future). Il estime que les tensions sur les prix devraient revenir vers l’objectif de la banque centrale (en général autour de 2%) d’ici un an. La baisse de l’USD/CAD pourrait toutefois être limitée, car des prix du pétrole plus faibles pèsent souvent sur le dollar canadien. Le Canada est le principal exportateur de pétrole brut vers les États-Unis, et le pétrole a reculé avec l’apaisement des craintes sur l’offre après ces informations de discussions. Au Canada, CBC News a rapporté que le Premier ministre Mark Carney a obtenu une majorité parlementaire lundi. Les libéraux ont décroché 172 sièges sur les 343 de la Chambre des communes.Stratégie: priorité à la volatilité
Compte tenu des forces contradictoires sur les dollars américain et canadien, la stabilité récente de l’USD/CAD autour de 1,3790 reflète une hésitation du marché. Prendre un pari directionnel est risqué; l’attention, dans les prochaines semaines, devrait donc se porter sur la volatilité (ampleur des variations de prix). La détente des tensions entre Washington et Téhéran tire la paire dans deux sens à la fois. La baisse des prix du pétrole est un frein important pour le dollar canadien. Ces derniers mois, les contrats à terme (accords d’achat/vente à une date future) sur le WTI (pétrole américain de référence) sont passés de plus de 90 dollars fin 2025 à environ 82 dollars aujourd’hui, sur fond d’espoir d’une offre plus stable au Moyen-Orient. Comme l’économie canadienne dépend des exportations d’énergie, ce recul limite mécaniquement tout renforcement du « loonie » (surnom du dollar canadien). À l’inverse, la faiblesse du dollar américain pourrait être passagère, car les marchés pourraient intégrer trop vite l’idée d’une Fed moins offensive. Les derniers chiffres de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) aux États-Unis en mars ont montré une inflation encore élevée à 3,5%, ce qui réduit la probabilité d’une baisse rapide des taux. L’écart de taux (différence d’intérêt entre deux pays), avec un taux directeur de la Fed à 5,5% et celui de la Banque du Canada à 5,0%, reste favorable à la détention de dollars américains. Dans ce contexte, l’USD/CAD pourrait évoluer dans une fourchette, pris entre ces forces opposées. Les traders sur produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, ici une devise) peuvent envisager des stratégies adaptées à un marché sans direction, par exemple la vente de strangles (vente conjointe d’une option d’achat et d’une option de vente, pour encaisser une prime si le cours reste dans une zone) ou la mise en place d’iron condors (stratégie combinant quatre options pour gagner si le cours reste dans une plage). La volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché, intégrée dans le prix des options) sur les paires de devises s’est tassée ces derniers jours, ce qui rend ces stratégies de vente de prime plus attractives.
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