Implications pour l’offre d’énergie
La perturbation s’étend au-delà de l’énergie et touche plus largement les prix des matières premières (biens de base négociés, comme le pétrole, les métaux ou les céréales), y compris l’alimentation. Les corrélations entre classes d’actifs (le fait que plusieurs marchés évoluent ensemble, par exemple actions, obligations et matières premières) suggèrent que les marchés anticipent davantage un choc d’inflation (hausse généralisée des prix) qu’un choc de croissance (ralentissement de l’activité). Les données concrètes n’indiquent pas encore d’impact sur la croissance. Avec un détroit d’Ormuz pratiquement fermé depuis fin février 2026, il faut se préparer à des prix de l’énergie durablement élevés. La baisse d’environ 11 millions de barils par jour constitue un choc d’offre important (une diminution soudaine des quantités disponibles), qui ne ressemble pas à un incident de courte durée. Il conviendrait de conserver ou renforcer des positions acheteuses sur les contrats à terme sur le pétrole brut (des contrats standardisés qui fixent aujourd’hui un prix de livraison future), notamment sur les échéances des prochains mois comme le Brent de juin et juillet, et d’acheter des options d’achat (« call », un droit d’acheter à un prix fixé à l’avance) sur de grands producteurs d’énergie et des ETF (fonds cotés en Bourse qui répliquent un indice ou un secteur). Ce choc d’offre a déjà propulsé les cours vers des niveaux inédits depuis plus de dix ans, le contrat à terme WTI (référence américaine, West Texas Intermediate) évoluant désormais au-dessus de 135 dollars le baril. À titre de comparaison, un mouvement comparable, mais moins marqué, avait eu lieu à l’été 2022 lorsque les prix avaient brièvement dépassé 120 dollars, ce qui avait alors alimenté l’inflation mondiale. La situation actuelle étant plus grave, ces niveaux — voire plus — pourraient s’installer. La réaction immédiate du marché est un choc inflationniste et il faut en tenir compte. Les données de mars sur l’indice des prix à la consommation (CPI, un indicateur de l’inflation) intégrant la première hausse des coûts énergétiques, on peut s’attendre à ce que la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) renonce à l’idée de baisser ses taux cette année. Il serait donc pertinent d’utiliser des instruments liés aux taux d’intérêt (produits financiers permettant de prendre position sur l’évolution des taux) pour viser un scénario de taux élevés plus longtemps, la Fed devant contenir cette nouvelle vague d’inflation.Positionnement face à la volatilité macroéconomique
Le marché n’a pas encore complètement intégré le ralentissement économique probable qui suit une crise énergétique durable de cette ampleur. Une énergie chère agit comme une taxe sur les consommateurs (moins de pouvoir d’achat) et comme un coût majeur pour les entreprises, ce qui finit par freiner l’activité. Cela ouvre la voie à des positions conçues pour gagner en cas de baisse avant que le consensus ne se retourne. Pour se protéger contre ce ralentissement, il serait possible d’acheter des options de vente (« put », un droit de vendre à un prix fixé) à échéance intermédiaire sur de grands indices comme le S&P 500 et le Nasdaq 100. Les secteurs cycliques (sensibles au cycle économique), tels que la consommation discrétionnaire et l’industrie, seraient les plus exposés, ce qui rend les options de vente sur leurs ETF un levier tactique. Ces positions servent de couverture (protection) contre les stratégies axées sur l’inflation et pourraient gagner en valeur si les indicateurs économiques se dégradent dans les prochains mois. L’incertitude implique aussi un risque de hausse marquée de la volatilité (l’ampleur des variations des prix). Le VIX (indice de volatilité attendu sur les actions américaines, souvent vu comme un « thermomètre de la peur »), actuellement autour du bas des 20, paraît faible compte tenu du risque géopolitique et des implications économiques de la fermeture. L’achat de « call » sur le VIX permettrait de se positionner, de façon directe et relativement peu coûteuse, sur une hausse de la nervosité des marchés. Enfin, il ne faut pas négliger l’impact indirect de l’énergie sur l’alimentation. La hausse des coûts du carburant et des engrais pèse déjà sur l’agriculture, un mécanisme observé début 2022 après le conflit en Ukraine. Il serait possible de prendre des positions acheteuses sur des contrats à terme de produits agricoles, comme le maïs et le blé, afin de profiter d’une montée de l’inflation alimentaire.
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